France-Manuel Valls sonne la charge contre Macron

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    * Il accuse Macron de "céder aux sirènes du populisme" 
    * Hollande en parlera lors de l'interview du 14-Juillet 
    * Des députés évoquent la démission du ministre 
 
 (Actualisé avec Le Foll, autres réactions) 
    PARIS, 13 juillet (Reuters) - Manuel Valls a ouvertement 
déclaré la guerre à Emmanuel Macron mercredi, au lendemain du 
meeting parisien du ministre de l'Economie, en l'accusant de 
"céder aux sirènes du populisme" et de dénigrer un "système" 
dont il est le "produit". 
    L'exaspération du Premier ministre était perceptible depuis 
le lancement, le 6 avril dernier, du mouvement politique "En 
Marche!" d'Emmanuel Macron, qui entretient le doute sur ses 
intentions pour la présidentielle de 2017, mais les propos 
sévères qu'il a tenus mercredi devant des parlementaires 
marquent un tournant dans le conflit larvé les opposant. 
    Un conflit qui éclate au plus mauvais moment pour François 
Hollande, attendu jeudi pour la dernière interview 
radiotélévisée du 14-Juillet de son quinquennat. 
    "L'éthique de responsabilité, c'est le devoir de clarté, pas 
l'entretien d'un climat, pourri par l'ambiguïté", a déclaré 
Manuel Valls qui recevait les élus à Matignon pour un "pot" de 
fin de session parlementaire. 
    "On ne peut pas dénoncer un prétendu 'système' en cédant aux 
sirènes du populisme quand, circonstance aggravante, on est 
soi-même le produit le plus méritant de l'élite de la 
République", a-t-il ajouté, selon le texte de son intervention 
fourni par ses services. 
    Lors d'un discours fleuve mardi soir à la Mutualité, 
salle-symbole de la gauche, Emmanuel Macron a notamment dénoncé 
les "règles du jeu datées" d'un "système" qui "ne voulait pas 
changer".   
    L'appel à la mobilisation d'Emmanuel Macron "jusqu'en 2017 
et jusqu'à la victoire" est perçu comme la transgression de trop 
au gouvernement et à gauche, où l'on s'interroge sur le maintien 
paradoxal du ministre de l'Economie dans un "système" qu'il 
conteste. 
     
    COMME ROCARD? 
    Au sortir de Matignon, des députés socialistes comme 
Christophe Caresche et Philippe Doucet ont évoqué la révocation 
du ministre. 
    "Il faut que le président prenne ses responsabilités", a dit 
le premier." C'est François Hollande qui l'a mis là, c'est lui 
qui l'a nommé ministre. La situation nouvelle qui est posée, 
(...) il faut la poser à François Hollande", a déclaré le 
second. 
    Lors du compte rendu du conseil des ministres, le 
porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a renvoyé le 
sujet à l'entretien présidentiel, sans réussir à masquer son 
irritation. 
    "Pour utiliser une expression sarthoise : "Il faut éviter de 
s'égailler", a-t-il commenté, invitant à ne pas oublier la 
montée de l'extrême droite en France. 
    "Moi, je suis clair depuis longtemps, loyal, car en 
politique il faut de la loyauté. Pour le reste, chacun fait son 
chemin. En marchant, en courant, en roulant", a-t-il ironisé. 
    Le meeting de la discorde n'a pas été évoqué lors du conseil 
des ministres mais un participant a rapporté que François 
Hollande avait parlé de l'importance de la "gratitude" à propos 
de la victoire du Portugal en finale de l'Euro de football.  
    Un message à double sens tel que les affectionne le 
président. 
    De l'avis d'un proche du chef de l'Etat, "la règle est 
simple : ou François Hollande est candidat en 2017 et Emmanuel 
Macron ne peut pas l'être. Ou Hollande n'y va pas et il peut y 
aller, comme d'autres". 
    "Macron sera à Hollande ce que Rocard fut à Mitterrand", 
ajoute-t-il, en référence à la rivalité au sommet entre l'ancien 
président socialiste et son Premier ministre, récemment décédé, 
qui ne parvint jamais à imposer sa candidature à la 
présidentielle. 
    "Ce que Macron a fait hier soir bloque une possible 
candidature du président de la République. Je suis convaincu que 
c'est un vrai facteur bloquant", a estimé pour sa part Philippe 
Doucet. 
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet) 
 
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