France-Manifestation sous tension à Bastia, en Corse

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    AJACCIO, 20 février (Reuters) - Plusieurs centaines de 
personnes ont commencé à manifester samedi à Bastia 
(Haute-Corse) à l'appel du principal groupe de supporteurs du 
club de football (Ligue 1) de la ville, après une semaine de 
violences sur l'île. 
    Signe des tensions, des engins explosifs de "haute 
intensité" ont été découverts près de la préfecture de Bastia, 
moins d'une heure avant le départ du cortège, a annoncé la 
préfet de Haute-Corse dans un communiqué. 
    "Ces constatations révèlent la volonté de confrontation et 
d'agression de la part de certains", a-t-il déclaré dans un 
communiqué en appelant à la responsabilité des organisateurs.  
    Les engins étaient constitués par des boules de pétanque 
coupées en deux et remplies d'explosif, et par des explosifs de 
chantier. 
    Le climat reste très lourd en Corse, une semaine après les 
violences en marge du match Reims-Bastia du 13 février, qui ont 
motivé l'ouverture d'une information judicaire et la saisine de 
l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).   
    Un supporteur, Maxime Beux, 22 ans, assure avoir été 
grièvement blessé à l'oeil par un tir de flash-ball des forces 
de l'ordre, alors que pour le parquet de Reims, il se serait 
blessé en tombant sur un poteau. 
    Le président de l'exécutif de la Collectivité territoriale 
de Corse, Gilles Simeoni, a mis en garde vendredi contre "des 
risques avérés de dérapages et d'affrontements" lors de la 
manifestation de samedi. Maxime Beux, le supporteur blessé a lui 
aussi appelé au calme. 
    Les manifestants se sont rassemblés en début d'après-midi 
devant le palais de justice de Bastia, derrière la banderole 
"Justice pour maxime", écrite en corse, avant de prendre la 
direction de la préfecture de Haute-Corse. 
    Les manifestants réclament la clarté dans l'enquête sur les 
blessures infligées à Maxime Beux, la levée des poursuites 
visant les supporters qui doivent comparaître le 22 mars à Reims 
et la démission du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et 
du procureur de Reims Patrice Bélargent.  
    Plusieurs centaines de CRS et gendarmes mobiles ont été 
déployés sur place par les autorités. 
    Les interpellations de Reims ont entraîné trois soirées 
d'émeutes, dimanche à Bastia, puis lundi et mardi à Corte. 
L'université Pascal-Paoli a été bloquée trois jours, avant 
d'être rouverte jeudi. 
    "Nous insistons encore une fois sur notre volonté 
d'apaisement. Ne laissons pas à nos ennemis la moindre 
opportunité de nous salir", déclare sur Facebook Bastia 1905, la 
principale association de supporters.  
    Les supporteurs interpellés ont porté plainte contre X pour 
violences aggravées, précise-t-elle. 
 
 (Service France, avec Gérard Bon) 
 
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