France-Manifestation contre les rejets aqueux dans les calanques

le
1
    * Un millier de personnes manifestant à Marseille 
    * Le préfet a autorisé Alteo à poursuivre les rejets 
    * José Bové dénonce l'"abus d'autorité" de Valls 
 
    par Jean-François Rosnoblet 
    MARSEILLE, 30 janvier (Reuters) - Un millier de personnes 
ont manifesté samedi à Marseille pour dénoncer la décision de la 
préfecture d'autoriser le site Alteo de Gardanne 
(Bouches-du-Rhône) à poursuivre ses rejets aqueux, au-delà des 
seuils réglementaires, au coeur du parc national des calanques. 
    Le préfet a signé fin décembre un arrêté autorisant la 
société à continuer d'exploiter à compter du 1er janvier 2016 
ses usines sur le site de Gardanne et autorisant, pour une durée 
de six ans, le rejet dans la mer d'effluents aqueux dépassant 
les limites réglementaires. 
    Cette décision a été désapprouvée par la ministre de 
l'Ecologie Ségolène Royal. 
    "Manuel Valls a commis une faute. Il s'est trompé et a fait 
un abus d'autorité en obligeant le préfet à prendre cette 
décision", a déclaré José Bové, qui a participé au rassemblement 
devant la préfecture samedi.  
    L'eurodéputé Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a estimé que 
cette "décision sur injonction" n'était pas conforme à la 
Constitution. 
    "Manuel Valls est hors-la-loi puisqu'il a pris une décision 
qui ne lui appartenait pas. Ce n'est pas parce qu'on est Premier 
ministre qu'on a le droit de se substituer aux décisions des 
ministères de tutelle", a-t-il dit.  
    Les Collectifs du littoral, qui regroupent une cinquantaine 
d'association de défense de l'environnement ainsi que plusieurs 
prud'hommes de pêcheurs, ont envoyé vendredi un recours 
hiérarchique à Ségolène Royal, qui, selon eux, est la seule 
autorité de référence du préfet dans cette affaire. Ils 
demandent l'arrêt complet des rejets en mer. 
     
    RECOURS 
    Sans réaction de la part de la ministre de l'Ecologie "dans 
les prochains jours", ils prévoient d'attaquer la décision en 
justice avec en déposant un recours devant le tribunal 
administratif de Marseille et en saisissant en parallèle la 
Commission européenne. 
    "Les gens sont en colère car on continue le rejet 
d'effluents toxiques supérieurs aux taux autorisés par la 
convention de Barcelone. On continue à envoyer des métaux lourds 
sur les fonds marins", a dit José Bové. "Alteo fait un chantage 
à l'emploi indécent pour poursuivre ses rejets. C'est une 
manipulation inacceptable". 
    Dans un communiqué, Alteo dénonce une "campagne de 
désinformation visant à contester le maintien de l'activité 
industrielle" de l'usine de Gardanne où, selon le groupe, une 
nouvelle station de traitement des eaux a permis depuis novembre 
de cesser définitivement le rejet de boues rouges en mer. 
    "Le nouveau procédé d'exploitation du site de Gardanne 
aboutit à la réduction du flux de métaux rejeté de plus de 99% 
et constitue en cela une amélioration environnementale et 
industrielle majeure", écrit la société. 
    L'usine d'alumine, qui représente 440 emplois directs et 300 
indirects, bénéficiait depuis 1966 du droit de rejeter les 
résidus solides du traitement de la bauxite à une profondeur de 
230 mètres dans le canyon de Cassidaigne, au coeur du parc 
national.  
    Le conseil d'administration du parc avait donné en septembre 
2014 son feu vert sous conditions à la poursuite du rejet des 
effluents liquides résiduels pendant 30 ans.  
    Ségolène Royal s'était opposée à cette autorisation et avait 
annoncé la mise en place d'une enquête publique. Le préfet dit 
avoir suivi l'avis du Conseil supérieur de la prévention des 
risques technologiques (CSPRT) rendu au terme de cette enquête. 
 
 (Edité par Marine Pennetier) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • frk987 il y a 10 mois

    Faut fermer toutes les usines, tous les sites de production...non mais !!!!!