France-Maigre mobilisation contre la loi Travail

le , mis à jour à 18:22
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    * Faibles perturbations dans les transports 
    * La mobilisation toujours en recul 
    * Le mouvement est toujours debout, disent les syndicats 
 
 (Actualisé avec débordements) 
    PARIS, 28 avril (Reuters) - Pour la quatrième fois en moins 
de deux mois, la huitième en comptant les mouvements de jeunes, 
des milliers de personnes ont manifesté jeudi en France pour 
réclamer le retrait de la loi Travail, qui sera débattue à 
partir de mardi à l'Assemblée. 
    Des débordements et des heurts avec les forces de l'ordre se 
sont produits en marge des manifestations dans plusieurs villes, 
notamment à Paris, Nantes, Rennes et Marseille.  
    Dans la capitale, plusieurs dizaines de manifestants ont 
lancé des bouteilles, des pavés et des extincteurs contre les 
forces de l'ordre à l'entrée du pont d'Austerlitz. Plusieurs 
vitrines ont été ensuite brisées dans le XIIe arrondissement. 
    Les sept syndicats opposés au projet, qui manifesteront de 
nouveau le 1er mai, ne semblent pas avoir fait mieux que le 9 
avril, lorsque 120.000 personnes avaient défilé, selon le 
ministère de l'Intérieur, soit trois fois moins que le 31 mars. 
    Le niveau des défilés est suivi par le gouvernement, qui 
compte sur une usure du mouvement après avoir débloqué entre 400 
à 500 millions d'euros de mesures en faveur des jeunes. 
    Pour expliquer le reflux de la mobilisation, les syndicats 
(CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL) invoquent les 
vacances scolaires, qui ont démobilisé une partie des jeunes, 
notamment les lycéens. 
    "Le gouvernement a déjà fait quelques reculs, mais nettement 
insuffisants. Donc, cette mobilisation, c'est à la fois 
vis-à-vis du gouvernement, mais également vis-à-vis du 
Parlement", a dit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de 
Force ouvrière. 
    Les opposants espèrent toujours que le débat parlementaire 
"permettra de faire bouger les lignes", a souligné pour sa part 
William Martinet, président du syndicat étudiant Unef. 
    Les perturbations dans les transports restaient limitées, 
quarante-huit heures à peine après une grève des cheminots 
défendant leurs conditions de travail. 
     
    "ON EST TOUJOURS DEBOUT" 
    Selon la SNCF, plus de 90% des trains devaient circuler sur 
l'ensemble du pays, avec un trafic normal sur les lignes 
internationales, les TGV, ou encore le RER A et D en région 
parisienne. Seul le RER B devait être perturbé. 
    En revanche, 20% des vols étaient annulés au départ et à 
l'arrivée d'Orly, a annoncé la direction générale de l'Aviation 
civile (DGAC). 
    A Marseille, 75.000 personnes, selon les organisateurs, et 
4.800 pour la police, ont manifesté alors que la quasi-totalité 
des lignes de bus étaient à l'arrêt ou en service partiel, et 
les entrées de la ville paralysées par des retenues automobiles. 
    "C'est le quatrième round et on est toujours debout. La 
mobilisation reste de bonne tenue", a estimé le secrétaire CGT 
des Bouches-du-Rhône, Olivier Mateu.  
    "Le message au gouvernement est clair, le mouvement prendra 
forcément une autre tournure s'il continue à ne rien vouloir 
entendre", a-t-il ajouté, évoquant une possible grève 
reconductible. 
    A Rennes, où les syndicats ont dénombré 13.000 manifestants 
et la préfecture 4.000, des heurts ont éclaté avec les forces de 
l'ordre et six personnes ont été interpellées. 
     
    NOMBREUSES INTERPELLATIONS 
    Les manifestants étaient 4.000 à Toulouse, selon la police, 
et 12.000 d'après les organisateurs, contre respectivement 8.000 
et 20.000 d'après la CGT le 9 avril.  
    Dix-neuf personnes ont été interpellées à Nantes après un 
défilé qui a réuni près de 10.000 manifestants, selon les 
organisateurs. Des arrêts de bus ont été vandalisés, des 
poubelles mises à feu, et une voiture incendiée. 
    "Depuis quelques semaines, Nantes est devenue la capitale du 
saccage", a dit Bruno Retailleau, le président Les Républicains 
du conseil régional des Pays de la Loire, dans un communiqué.    
   
    A Bordeaux, où 3.000 à 6.000 personnes ont manifesté, selon 
les sources, quatre jeunes ont été interpellés après des heurts 
avec les forces de l'ordre, selon une source syndicale. 
    Bien qu'en déclin, la contestation s'est élargie depuis le 
31 mars avec le mouvement "Nuit debout" qui continue d'occuper 
la place de la République à Paris et le conflit à la SNCF dû à 
l'ouverture à la concurrence, qui pourrait se durcir. 
    Face à la levée de boucliers suscitée par la première 
version du texte, le 14 mars, le gouvernement en a supprimé les 
mesures les plus contestées. Mais François Hollande a affirmé 
que le texte lui-même ne serait pas retiré.  
    Parallèlement, les députés ont modifié en commission 
plusieurs dispositions dans un sens plus favorable aux salariés, 
sans pour autant convaincre certains "frondeurs" socialistes. 
    Les syndicats opposés au projet contestent sa philosophie 
même, notamment "l'inversion de la hiérarchie des normes" 
permettant à un accord d'entreprise de primer sur un accord de 
branche. "C'est un facteur d'inégalités et de précarité", a dit 
Jean-Claude Mailly. 
 
 (Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M940878 il y a 7 mois

    restent les cégétistes fossoyeurs d'entreprises comme d'habitude , syndicat à dissoudre au plus vite

  • odnaz il y a 7 mois

    Il serait temps que la DEMOCRATIE reprenne le sens de sa définition de base : la loi du plus grand nombre, de la majorité d'un peuple, et pas la loi faite par des minorités criardes " Pour expliquer ce reflux, les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL)" .... ces gens-là ne représentent guère plus qu'eux-mêmes. Ils n'ont que le mot démocratie à la bouche, mais ne l'acceptent pas quand elle leur est défavorable c-à-d quasiment toujours.