France-Macron veut une alliance avec les Sud-Coréens de STX

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    * Nouvelle commande pour deux paquebots géants 
    * Les intentions de STX pas clarifiées 
    * La nationalisation n'est pas l'option préférable 
 
 (Actualisé avec Macron) 
    par Guillaume Frouin 
    SAINT-NAZAIRE, Loire-Atlantique, 1er février (Reuters) - 
E mmanuel Macron a dit lundi vouloir discuter d'une "alliance 
stratégique" avec le conglomérat sud-coréen STX, actionnaire 
majoritaire des chantiers navals de Saint-Nazaire aux intentions 
peu claires, le jour d'une nouvelle commande géante. 
    La visite des anciens chantiers de l'Atlantique par le 
ministre de l'Economie a coïncidé avec l'annonce par le 
croisiériste MSC de la commande de deux paquebots 
supplémentaires pour un montant de 1,6 milliard d'euros. 
    Ils étaient déjà en option d'une précédente commande signée 
en 2014, qui prévoyait alors la construction de deux premiers 
navires de croisière. Baptisés "G34" et "H34" pour le moment, 
ces deux nouveaux bateaux vont nécessiter seize millions 
d'heures de travail, occuper l'équivalent de 2.000 emplois à 
temps plein, et devront être livrés fin 2019 et fin 2020. 
    Emmanuel Macron était venu assister à Saint-Nazaire à la 
"cérémonie des pièces" d'un des deux paquebots commandés en 
2014, une tradition marine qui veut que des pièces de monnaie 
soient soudées à sa quille pour lui porter chance.  
    Il a dit à cette occasion vouloir faire des ex-chantiers de 
l'Atlantique, en très grande difficulté il y a deux ans, un 
"exemple" pour l'ensemble de l'économie française. 
    "En 2014, STX était pratiquement à l'arrêt, avec quasiment 
un an de chômage partiel", a rappelé le ministre de l'Economie. 
    "Si nous avons pu repartir (...), c'est que les salariés ont 
été extrêmement courageux et responsables, en signant des 
accords de compétitivité pour accepter des efforts aux moments 
difficiles", a-t-il ajouté. 
     
    LA NATIONALISATION PAS "PREFEREE" 
    La commande d'un des quatre navires, le MSC Meraveglia, 
avait été faite en 2014 par la compagnie italo-suisse au prix 
d'un accord de compétitivité qui avait divisé les syndicats, la 
CGT et Force Ouvrière refusant les compromis faits par la CFDT. 
    Pour autant, l'avenir des chantiers navals n'est pas 
totalement clair, STX ayant fait part il y a plus d'un an de sa 
décision de céder ses parts, sans suite officielle depuis. 
    Emmanuel Macron a laissé entendre que c'était toujours 
l'intention des Sud-Coréens puisqu'il a déclaré à Saint-Nazaire 
qu'il discuterait d'une alliance stratégique lorsque ces 
derniers "réaffirmeront leur volonté de céder leurs parts". 
    "La nationalisation n'est pas l'option préférable, mais 
l'État prendra ses responsabilités avec les collectivités 
territoriales qui le souhaitent pour compléter s'il le fallait 
un tour de table", a-t-il dit. "L'État restera, en tous cas, à 
une part significative du capital." 
    STX France est possédé à 66,6% par STX et à 33,4% par l'Etat 
français via le Fonds stratégique d'investissement (FSI). 
    En attendant, cette nouvelle commande de deux paquebots - 
qui était conditionnée par MSC à l'avancement de deux ans de 
délais de construction initialement prévus en 2014 - assure une 
charge de travail complète pour les ex-chantiers de l'Atlantique 
(2.500 salariés) dans les prochaines années. 
    "Jusqu'en 2020, on est complètement chargés : on ne peut 
plus prendre que des sous-stations électriques", a expliqué aux 
journalistes Laurent Castaing, directeur général de 
l'entreprise, dont 20 % du chiffre d'affaires est dorénavant 
réalisé dans les énergies marines renouvelables et les services 
connexes à la construction de bateaux. "Même pour de petits 
bateaux, ce sera très compliqué de les prendre en charge, car 
nous manquerons de place dans les cales." 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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