France-Macron raille la "fébrilité" de ses détracteurs

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    par par Catherine Lagrange 
    LYON, 24 septembre (Reuters) - L'ex-ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron, qui a quitté le gouvernement fin août pour se 
consacrer à son mouvement "En Marche !" dans la perspective de 
l'élection présidentielle de 2017, a raillé samedi la 
"fébrilité" de ses détracteurs. 
    Emmanuel Macron était l'invité vedette d'un colloque des 
"réformistes européens" organisé à Lyon par le maire de la 
ville, Gérard Colomb, un de ses soutiens, "Les Gracques", un 
groupe de réflexion de gauche, et l'Institut Montaigne, avec des 
"think-tank" britannique, italien et allemand. 
    Il avait initialement été convié en tant que ministre de 
l'Economie pour conclure ce colloque sur le thème "Reprendre 
confiance", ce que sa démission n'a pas remis en cause.  
    Des invités ont alors renoncé à venir à ce colloque auquel 
plus de 500 personnes ont participé, dont des représentants du 
monde syndical, de l'entreprise et de la société civile et des 
personnalités politiques françaises et étrangères.  
    Selon une source proche des organisateurs, certains ont 
invoqué des pressions du sommet de l'Etat ou de la direction du 
Parti socialiste, comme le Commissaire général à la stratégie et 
à la prospective, l'économiste Jean Pisani-Ferry.  
    "Il nous a dit qu'on lui avait fortement conseillé de ne pas 
venir", a-t-on précisé à Reuters de même source. "Dans la liste 
des invités, beaucoup ont été appelés."  
    Des pressions confirmées par Gérard Colomb mais démenties 
catégoriquement par l'entourage de François Hollande : "C'est 
faux. Il n'y a eu aucune intervention de l'Elysée", a-t-on dit à 
Reuters à la présidence de la République. 
     
    MACRON RIVAL POTENTIEL DE HOLLANDE 
    Emmanuel Macron, qui fait figure de rival du chef de l'Etat 
bien que ni l'un ni l'autre ne soit encore officiellement 
candidat à la présidentielle, a imputé à des "contraintes 
d'agenda" l'absence du chef du gouvernement italien, Matteo 
Renzi, et du ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel. 
    Il a en revanche laissé entendre qu'il y avait bien eu 
intervention pour dissuader d'autres invités de venir. 
    "D'autres responsables, plutôt français, se sont 
désengagés", a-t-il dit à la presse à son arrivée au Musée des 
Confluences, où avait lieu le colloque. "Ou bien ils n'avaient 
pas grand chose à dire. Ou bien, ils sont l'objet de pression et 
acceptent de subir les pressions." 
    D'autres ont mis en avant la crainte que leur participation 
soit perçue comme un soutien à Emmanuel Macron, comme le think 
tank Terra Nova, proche du PS, ou le commissaire européen aux 
Affaires économiques, Pierre Moscovici. 
    "Y aller, c'était se rallier et j'ai trop de bouteille pour 
servir de tête de gondole à un candidat dont je ne partage pas 
les convictions", a déclaré ce dernier au Monde. 
    Selon son entourage, Emmanuel Macron entend présenter un 
diagnostic de la France et de l'Europe, fruit de milliers de 
questionnaires ramenés d'une collecte lancée par "En Marche !" 
fin mai, lors de trois réunions publiques : le 4 octobre à 
Strasbourg, le 11 au Mans et le 18 à Montpellier. 
    Sur la base de ce diagnostic, il présentera à la mi-novembre 
son "plan de transformation" de la France, précise-t-on de même 
source. Un livre est également en préparation. 
     
    "DEMANDEZ AUX FÉBRILES" 
    La décision d'"y aller ou pas" ne sera prise qu'à l'issue de 
cette séquence, entre fin novembre et fin décembre, "quand il 
aura une bonne vision de l'émergence de son projet, de son 
mouvement et de l'adhésion que cela suscite dans l'opinion".  
    "En Marche !" revendique aujourd'hui plus de 80.000 
adhérents et les sondages créditent Emmanuel Macron de 
meilleures intentions de vote que le chef de l'Etat au premier 
tour de la présidentielle du printemps prochain.  
    "Les pressions traduisent une fébrilité. Donc demandez aux 
fébriles. Nous ne le sommes pas", a ironisé l'ex-ministre de 
l'Economie à son arrivée au colloque de Lyon. 
    L'ex-protégé de François Hollande a redit à la presse que 
son intention était de lancer un "large rassemblement des 
progressistes autour de valeurs (...) et d'un projet commun", 
ouvert aux hommes et femmes de gauche, socialistes, radicaux et 
écologistes, mais aussi du centre droit ou de la société civile. 
    "C'est tout sauf une aventure personnelle", a ajouté 
Emmanuel Macron, qui a également déclaré ne pas croire aux 
"regroupements d'appareils" politiques. 
    "Les plus grands partis sont fatigués et pris dans leurs 
contradictions, prêts à remplacer le consensus autour des idées 
par des compromis d'appareils", a-t-il expliqué. "Cela amène à 
la trahison démocratique, à la frustration de nos concitoyens." 
 
 (Catherine Lagrange, avec Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau à 
Paris) 
 
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