France-Macron prône la fermeté avec Londres en cas de "Brexit"

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    PARIS, 18 juin (Reuters) - La Grande-Bretagne devra être 
sommée de clarifier au plus vite ses intentions en cas de 
victoire des partisans du "Brexit" au référendum de jeudi, 
notamment si elle souhaite conserver un  accès au marché 
européen, ce qui l'obligerait à continuer de contribuer au 
budget de l'UE, a averti Emmanuel Macron. 
    "On est dedans ou dehors", déclare le ministre français de 
l'Economie dans une interview publiée dans Le Monde du week-end, 
"On ne peut pas, dans l'intérêt de l'UE, laisser quelque 
ambiguïté planer et trop de temps s'écouler". 
    Pour cela, il estime que le conseil européen du 28 juin 
devra "lancer un ultimatum" à Londres pour lui demander de 
clarifier ses intentions, ajoutant : "Le président de la 
République sera très clair à cet égard". 
    "Si le Royaume-Uni veut un traité commercial d'accès au 
marché européen, les Britanniques devront contribuer au budget 
européen comme les Norvégiens ou les Suisses. Si Londres ne le 
souhaite pas, ce doit être une sortie totale", dit-il. 
    Emmanuel Macron souligne notamment que, "le jour après la 
sortie, il n'y aura plus de passeport financier pour les 
établissements britanniques", leur permettant de proposer 
librement leurs produits dans l'Union. 
    Pour lui, un sortie de l'UE signifierait la 
"guerneseyfication" (en référence à une des îles anglo-normandes 
de la Manche rattachées à la couronne britannique) - du 
Royaume-Uni, "qui serait alors un petit pays à l'échelle du 
monde". "Il s'isolerait et deviendrait un comptoir, une place 
d'arbitrage à la frontière de l'Europe." 
    Le défi des Européens serait aussi d'éviter la contamination 
du Brexit en relançant immédiatement "un projet positif" pour 
l'Europe, indique-t-il. "Et quand bien même le 'Remain' 
l'emporterait, la France sera à l'initiative", promet-il. 
    De source gouvernementale italienne, on a appris samedi que 
François Hollande avait évoqué le sujet du "Brexit" lors d'un 
entretien téléphonique samedi matin avec le président du Conseil 
Matteo Renzi. 
    Emmanuel Macron juge qu'il faut "retrouver une ambition pour 
l'UE tout entière sur les sujets de défense et de sécurité, de 
transition énergétique et de numérique car l'Europe est le 
meilleur moyen de répondre à ces grands défis." 
    "Et puis il faut avoir un projet de plus forte intégration 
qui permet une véritable convergence à quelques-uns au sein de 
la zone euro (...) Le socle doit être Paris et Berlin, Rome 
certainement aussi. Les instruments, ce sont un budget de la 
zone euro, un commissaire et un Parlement de la zone euro." 
    "Aujourd'hui, nous sommes bloqués par deux tabous : un tabou 
français, qui est le transfert de souveraineté, et un tabou 
allemand, celui des transferts financiers ou de solidarité. On 
ne peut pas avancer sans les faire sauter" 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Nicolas Delame) 
 
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  • phili646 il y a 7 mois

    Surtout à 28 !!!!

  • phili646 il y a 7 mois

    Brexit ou pas, l'Europe fédérale ne peut voir le jour qu'avec l'assentiment des peuples qui l'a compose. Et là c'est pas gagné !!!!

  • 23425c il y a 7 mois

    Que peut faire d'autre l'UE ,qu'un boycott total du Royaume- Uni en cas de Brexit pour empêcher d'autres pays de "filer à l'anglaise" aussi ? Rien .