France-Macron ne convainc pas les professions libérales

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* Macron prêt à changer son texte jusqu'au dernier moment * Pour l'UNAPL, le projet de loi reste inacceptable * Le Parlement tranchera sur le statut d'avocat en entreprise PARIS, 5 décembre (Reuters) - Emmanuel Macron a défendu vendredi son projet de loi sur l'activité face à l'hostilité des professions libérales, qui voient dans ce texte une entreprise de "délégitimisation" de leur statut. Invité du congrès national de l'UNAPL (Union nationale des professions libérales), le ministre de l'Economie s'est dit ouvert à un dialogue jusqu'à la présentation du projet de loi mercredi en conseil des ministres. "Cette réforme doit se faire avec vous", a-t-il dit, "je veux que dans les prochains jours nous fassions encore bouger le texte". La réforme des professions réglementées, pour en simplifier notamment l'accès, est un des volets du projet de loi sur l'activité, qui traitera aussi de sujets aussi divers que le travail le dimanche, le transport routier de voyageurs, le contrôle des sociétés d'autoroutes, la justice prud'homale ou encore le développement de l'actionnariat salarié. Beaucoup voient dans ce texte un gage donné à l'Union européenne de la volonté de la France de mener à bien des réformes structurelles pour doper le potentiel de croissance de son économie, à l'heure où elle a une nouvelle fois reporté ses objectifs de réduction des déficits publics. Emmanuel Macron s'est inscrit en faux contre cette interprétation. "On ne le fait pas pour Bruxelles parce que Bruxelles le dirait", a-t-il indiqué. "Ce qu'on fait, c'est pour le pays, pour redresser l'économie du pays, parce que c'est bon". L'objectif est de "débloquer les verrous qu'il y a dans l'économie soit en ouvrant des accès, soit en permettant d'avoir là où c'est nécessaire plus de concurrence (...) soit en ouvrant des secteurs, soit en simplifiant les choses", a-t-il dit. LOI FOURRE-TOUT Le président de l'UNAPL, Michel Chassang, lui a répondu en fustigeant une loi de "déclin" et de "destruction d'emplois" dans un secteur des professions libérales qui représente 11% de la population active en France. "Les professionnels libéraux se refusent à un tel sacrifice qu'on tente de masquer dans une loi fourre tout", a-t-il ajouté, en confirmant l'organisation d'une nouvelle journée d'action le 22 janvier, jour du début de l'examen du texte à l'Assemblée nationale. Les seules professions juridiques concernées par le projet de loi (avocats, notaires, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires) appellent de leur côté à manifester mercredi. En l'état actuel, il n'est "pas acceptable car il contrevient aux fondements même de l'exercice libéral", a affirmé Michel Chassang sous les applaudissements de la salle. Selon lui, "il ne s'agit pas d'une loi de déréglementation mais d'une loi de délégitimisation des professions libérales". Emmanuel Macron a assuré au contraire qu'elles ne touchait pas aux "fondamentaux du secteur", faisant valoir qu'il avait renoncé à remettre en cause le monopole des pharmacies sur la vente de médicaments ou des notaires sur les actes authentiques. Et il laissera le Parlement trancher sur le projet de création du statut d'avocat en entreprise, avouant son "incertitude sur la fragilisation potentielle du statut d'indépendance de l'avocat" qu'il occasionnerait. (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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  • M8252219 le vendredi 5 déc 2014 à 16:43

    il faut passer à la TVA SOCIALE Urgent tous les français et d'autres en bénéficient tous doivent participer à son financement,pas seulement les salariés et les entreprises.

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