France-Macron n'est pas "choqué" par la déchéance de nationalité

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    PARIS, 20 janvier (Reuters) - Emmanuel Macron n'est pas 
choqué par le projet controversé de déchéance de nationalité 
pour les binationaux nés français condamnés pour terrorisme mais 
"entend" et "respecte" les "doutes" qui se sont exprimés sur ce 
"symbole". 
    Invité mercredi de BFM TV et RMC Info, le ministre de 
l'Economie a assuré que François Hollande, qui entame des 
consultations politiques sur la révision constitutionnelle, 
proposerait "une solution" prenant en compte "cet élément de 
sensibilité forte". 
    Il est en outre revenu, à mots voilés, sur le débat qui 
l'avait notamment opposé au Premier ministre Manuel Valls sur 
l'existence d'un "terreau" en France pour le djihadisme en 
soulignant que la réponse au "mal" était aussi sociale et 
économique. 
    "De considérer que quelqu'un qui est en train de trahir, 
s'apprête à le faire, pour tuer, soit exclu de la communauté 
nationale ne me choque pas, parce que ça donne un sens à l'idée 
de communauté nationale", a expliqué Emmanuel Macron à propos du 
projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation qui 
fracture la majorité. 
    "Je crois que nos concitoyens l'attendent, parce que faire 
partie de la communauté, c'est un engagement de tous les jours 
et ça prend son sens là-dessus", a-t-il poursuivi. 
    Pour Emmanuel Macron, "le président de la République, le 
Premier ministre, le ministre de l'Intérieur ont raison de 
défendre cette idée forte et ce symbole." 
    "Tout le monde sait que, évidemment, celles et ceux qui sont 
en train de devenir parfois des kamikazes, ça ne les dissuadera 
pas. Pour beaucoup d'autres oui", a estimé le ministre. 
     
    "PROPOS EXCESSIFS" 
    "J'entends ensuite les doutes que cela crée chez certains 
sur l'inégalité que ça crée entre plusieurs citoyens. J'entends 
les doutes, je les considère, je les respecte", a-t-il dit tout 
en regrettant des "propos excessifs". 
    "On parle de cas très particuliers, de cas très graves, donc 
on n'est pas en train de mettre à terre la droit de la 
nationalité française. C'est faux", a plaidé le ministre. 
    "J'ai de la considération pour les voix qui s'élèvent en 
disant : 'faites attention au sentiment que ça peut créer pour 
les binationaux'. C'est aussi avec cela à l'esprit que le 
président de la République entame les consultations de ces deux 
journées", a-t-il ajouté. 
    François Hollande reçoit ce mercredi à l'Elysée le président 
de l'Assemblée Claude Bartolone, et le président du Sénat, 
Gérard Larcher. 
    "Sans doute proposera-t-il une solution qui permet de 
prendre en compte cet élément de sensibilité forte", a conclu 
Emmanuel Macron. 
    Le ministre avait suscité la controverse en novembre 
dernier, huit jours après les attentats du 13 novembre, en 
estimant lors d'un colloque du groupe social-démocrate "Les 
Gracques" que la France devait assumer une "part de 
responsabilité" dans la radicalisation de certains jeunes. 
    "L'essentiel, face à ces crimes atroces, c'est de prévenir 
et d'être incapable dans la peine", a-t-il redit mercredi. 
    "C'est pourquoi je pense très profondément que la réponse 
elle est aussi économique, morale, sociale face à ce qui 
aujourd'hui nous touche", a-t-il estimé. 
    "On ne peut pas considérer qu'on traite le mal en l'excluant 
de la communauté nationale. Le mal, nous devons vivre avec, 
c'est le lot des démocraties contemporaines, il est aussi en 
nous, dans notre quotidien", a dit Emmanuel Macron. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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