France-Macron favorable à des dérogations aux 35 heures

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PARIS, 28 août (Reuters) - Dans une interview accordée au Point à la veille de sa nomination au ministère de l'Economie et publiée jeudi, Emmanuel Macron, qui s'exprime "librement", se dit favorable à autoriser les entreprises à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération à condition d'un accord avec les salariés. L'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée chargé de la politique économie a assumé mercredi sa différence avec son prédécesseur Arnaud Montebourg, disant sa volonté de restaurer la confiance des entreprises, des investisseurs et des Français en évitant les "oppositions stériles". (voir ID:nL5N0QX146 ) "C'est le moment de passer à l'étape deux de la modernisation du marché du travail, parce que cela n'a pas d'impact déflationniste et peut restaurer la confiance", déclare-t-il dans son entretien au Point, évoquant notamment la hausse et la simplification des seuils sociaux. "Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunérations", ajoute-t-il. "C'est déjà possible (...) pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre ce dispositif à toutes les entreprises, à la condition explicite qu'il y ait un accord majoritaire avec les salariés?" Pour cet énarque de 36 ans, qui veut "libérer les énergies pour créer de l'activité", il s'agit de "sortir de ce piège où l'accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui n'ont pas d'emploi." "Mais c'est difficile à expliquer et à porter, spécialement quand on est de gauche", reconnaît-il. Sur la maîtrise des dépenses publiques, qu'Emmanuel Macron juge "indispensable" alors que la fiscalité a "trop augmenté", il dit ne pas juger nécessaire d'aller au-delà de la baisse de 50 milliards prévue sur trois ans. Un des seuls "aménagements acceptables" de cet objectif sera, si l'inflation n'est pas au rendez-vous, de "trouver quelles économies faire à la place, qui prendront sans doute un peu plus de temps", dit-il. Emmanuel Macron, qui n'était pas encore entré en fonction au moment où il tenait ses propos, réaffirme dans Le Point la ligne social-démocrate définie par François Hollande, "seule voie possible" selon lui. "Soit le dialogue social peut accompagner et concrétiser cette volonté réformatrice, soit l'exécutif doit prendre ses responsabilités et ouvrir une nouvelle phase du quinquennat, comme Schröder a su le faire en Allemagne entre 2003 et 2005." (Chine Labbé)

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