France-Macron fait un appel du pied à Juppé, tacle Hollande

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    * Macron évoque des "convergences" avec Alain Juppé 
    * Il estime qu'une "droite progressiste" existe 
    * Il se dit toujours de gauche et critique sévèrement 
Hollande 
 
    PARIS, 16 octobre (Reuters) - L'ex-ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron fait un appel du pied à Alain Juppé, favori des 
sondages pour la primaire de la droite pour l'élection 
présidentielle de 2017, dans une interview publiée dimanche par 
l'hebdomadaire Challenges sur son site internet. 
    L'ancien protégé de François Hollande, qui a quitté le 
gouvernement fin août pour se consacrer à son mouvement "En 
Marche !" dans la perspective de cette échéance, s'éloigne en 
revanche un peu plus du chef de l'Etat. 
    Emmanuel Macron, qui se donne jusqu'à la fin de l'année pour 
dire s'il sera lui-même candidat, expose longuement sa vision de 
la fonction présidentielle et de la société française. 
    Il ne reprend pas à son compte le concept d'"identité 
heureuse" cher au maire de Bordeaux, parce que "trop statique" 
et "trop loin de la réalité" à ses yeux. 
    "Il n'en est pas moins vrai que j'ai avec Alain Juppé des 
convergences sur ce que peut et doit être la vie en société", 
ajoute cependant l'ex-banquier, qui a conseillé deux ans durant 
François Hollande à l'Elysée avant d'être nommé à Bercy. 
    Contrairement au chef de l'Etat, qui refuse de distinguer 
Alain Juppé de son principal rival, Nicolas Sarkozy, et veut 
considérer la droite comme un seul bloc, Emmanuel Macron défend 
la vision d'une droite au moins aussi éclatée que la gauche, à 
laquelle il dit toujours appartenir. 
    Entre la droite "identitaire et très conservatrice" qui 
serait celle de l'ex-président et la droite "orléaniste, 
libérale, sociale, ouverte à l'Europe" plutôt incarnée par le 
maire de Bordeaux, "la fracture est béante", dit-il. 
    "Il y a face à face une droite du repli et une droite de 
l'ouverture (...), une droite que j'appellerais progressiste", 
va même jusqu'à dire l'ex-ministre de l'Economie. 
     
    "UNE PRÉSIDENCE DE L'ANECDOTE" 
    Emmanuel Macron tacle en revanche sévèrement l'actuel chef 
de l'Etat, dont il rejette le concept de "président normal", 
critique la façon de gouverner, et avec qui il admet avoir eu 
des "désaccords" dès l'époque où il n'était que son conseiller. 
    "Les Français attendaient (...) un projet collectif fondé 
sur une idéologie claire et cela n'est jamais venu", dit-il. 
"Par manque de clarification idéologique, François Hollande a 
dès le premier jour commencé à cohabiter avec son propre camp." 
    "Je ne crois pas au président 'normal'. Les Français 
n'attendent pas cela", ajoute l'ex-ministre, pour qui le chef de 
l'Etat "doit conduire la société à force de convictions, 
d'actions, et donner un sens clair à sa démarche." 
    Emmanuel Macron reproche aussi au président de se prêter 
trop complaisamment aux jeux de la "sphère politico-médiatique" 
et de céder à l'obsession de l'actualité. 
    "Une présidence de l'anecdote, de l'événement et de la 
réaction banalise la fonction" et nuit à son efficacité, dit-il. 
Il prône pour sa part une présidence "de type 
gaullo-mitterrandien", réconciliée avec le temps long et dont 
"l'autorité n'a pas besoin d'être démontrée". 
    Aujourd'hui, estime-t-il, alors qu'un nouveau livre basé sur 
des confidences de François Hollande à des journalistes a 
provoqué la stupéfaction jusque dans le camp du chef de l'Etat, 
"les Français estiment que la fonction présidentielle n'est plus 
pleinement exercée. Et pour cause ..." 
    Si les sondages placent aujourd'hui Emmanuel Macron devant 
François Hollande dans les intentions de vote au premier tour de 
la présidentielle si les deux sont candidats, tous prédisent 
aussi à ce jour qu'il ne se qualifierait pas pour le second. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Chine Labbé) 
 
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  • franck8 il y a 5 mois

    Juppé a déjà dit qu'il avait besoin de personnes compétentes et fidèles. Tout le contraire de Macron !