France-Macron et Sapin à l'unisson sur le salaire des patrons

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    PARIS, 23 mai (Reuters) - Les ministres de l'Economie et des 
Finances, Emmanuel Macron et Michel Sapin, ont défendu chacun de 
leur côté lundi l'utilité d'une loi pour rendre contraignants 
les avis des assemblées générales d'actionnaires sur les 
rémunérations des patrons des grandes entreprises. 
    Mais ils ont exclu tous deux un plafonnement de ces 
rémunérations à la lumière de la polémique créée par celle du 
PDG de Renault Carlos Ghosn, estimant que toute mesure du genre 
se heurterait à un risque d'inconstitutionnalité. 
     "La rémunération du dirigeant de Renault-Nissan a montré 
qu'un avis consultatif des actionnaires pouvait n'emporter 
aucune conséquence. Cela n'est pas acceptable", écrit Emmanuel 
Macron dans une tribune publiée par Libération. 
    Pour Michel Sapin, qui s'exprimait sur iTELE, les 
actionnaires de Renault "ont dit que c'était trop et demandé que 
cette politique de rémunération soit révisée (...) et le conseil 
d'administration décide de ne rien faire. Ça, ce n'est pas 
possible et c'est sur ce point qu'on va modifier la loi". 
    Pour tenter d'échapper à une loi annoncée par le Premier 
ministre Manuel Valls  , le Medef et l'Afep 
(Association française des entreprises privées) ont décidé à la 
hâte de modifier leur code de bonne conduite sur la rémunération 
des dirigeants d'entreprises en rendant "impératif" le respect 
des votes jusqu'ici consultatifs des assemblées générales. 
  
    Selon Emmanuel Macron, une loi permettra de renforcer le 
contrôle des actionnaires "afin de traiter les situations de 
tous ceux qui ont perdu de vie ce qu'était l'éthique". 
    Pour autant, le ministre s'oppose au principe d'un 
plafonnement du salaire des patrons par la loi en invoquant la 
liberté d'entreprendre garantie par la Constitution, la 
nécessité d'attirer et de conserver les talents et estime 
qu'agir ainsi n'aurait de sens qu'au niveau européen. 
    "Nous vivons dans une société ouverte. Un dirigeant 
d'entreprise qui souhaite augmenter sa rémunération pourrait 
déménager et se faire payer à l'étranger", fait-il valoir. 
    Interrogé sur l'appel lancé la semaine passée par plusieurs 
personnalités qui ont demandé au gouvernement de légiférer pour 
qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic, Michel Sapin a 
répondu de son côté : 
    "Nous avons déjà essayé et plafonner par la loi a été 
considéré comme inconstitutionnel. Ça ne sert à rien de mettre 
en place une disposition qui serait de nouveau 
inconstitutionnelle". 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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