France-Macron en opération reconquête de l'artisanat

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    STRASBOURG, 25 août (Reuters) - Emmanuel Macron s'est lancé 
jeudi à Strasbourg dans une opération reconquête des artisans, 
alors qu'un projet de réforme des qualifications dans leurs 
professions a été profondément modifié après une levée de 
boucliers dans leurs rangs. 
    Le ministre de l'Economie a affiché une belle entente avec 
le président de l'Union nationale des entreprises de coiffure, 
Bernard Stalter, patron de la chambre des métiers d'Alsace et 
conseiller régional sur la liste de Philippe Richert, président 
Les républicains de la région Grand-Est. 
    "Je voudrais saluer le travail (réalisé) avec Bernard 
Stalter (...) qui a conduit à construire une position commune", 
s'est félicité le ministre, dans le salon de coiffure de la 
galerie marchande du quartier de Hautepierre, à Strasbourg, où 
le patron-coiffeur emploie 18 personnes. 
    L'artisan aux épaisses moustaches recourbées vers le ciel 
était sur la même longueur d'onde, lors d'un échange avec des 
journalistes, en attendant l'arrivée du ministre. 
    "Je ne crois pas que ce soit un coup de com'", a-t-il dit, à 
propos du déplacement du ministre, qu'il tutoie. "Je crois que 
ça montre une ouverture des politiques, qui comprennent qu'il 
vaut mieux miser sur l'artisanat". 
    Le projet de loi Macron sur les "nouvelles opportunités 
économiques", abandonné au profit de la loi "travail" mais 
partiellement réintroduit dans celle dite "Sapin II", prévoyait 
la possibilité pour des autoentrepreneurs non diplômés d'exercer 
certaines activités artisanales. 
    Dans le texte actuellement au Parlement, ces possibilités 
seront finalement restreintes, notamment au regard des risques 
de chaque activité pour la santé et la sécurité, et les 
qualifications exigées seront précisées par des décrets 
d'application. 
    "Emmanuel Macron a promis d'être vigilant sur ces décrets 
d'application", a ajouté Bernard Stalter. 
    Pour les artisans coiffeurs, le brevet professionnel restera 
requis pour s'installer à son compte mais le diplôme pourra être 
obtenu par équivalence à partir des années d'expérience. 
    "Il faut qu'on prenne en compte deux contraintes", a 
expliqué à la presse Emmanuel Macron. "D'un côté, les métiers 
ont besoin de qualifications (...) et de l'autre, nous devons 
faciliter l'entrée sur le marché du travail des plus jeunes et 
des personnes en transition professionnelle." 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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