France-Les taxis français boudent la "table ronde" de Macron

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PARIS, 28 juillet (Reuters) - L'intersyndicale des taxis français a annoncé mardi qu'elle boycotterait la table ronde prévue fin août par Emmanuel Macron pour parvenir à un accord avec les VTC et les dirigeants de sociétés comme Uber sur une nouvelle réglementation. Le ministre français de l'Economie avait déclaré lundi dernier qu'il entendait sortir de l'impasse sur ce dossier. "L'intersyndicale ne participera à aucune réunion visant à satisfaire les lobbies financiers de certains groupes économiques qui n'ont jamais eu l'intention de respecter la réglementation française en vigueur", lit-on dans un communiqué. Les syndicats des taxis accusent Emmanuel Macron d'intervenir dans un dossier qui n'entre pas dans ses compétences et rappellent qu'un rapport d'évaluation doit être remis fin septembre au Parlement sur la loi Thévenoud d'octobre 2014 qui réglemente la concurrence entre taxis et VTC. Le directeur général d'Uber France a annoncé début juillet la "suspension" d'UberPOP, ce système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non enregistrés dont les chauffeurs de taxis français réclament l'interdiction pure et simple après des manifestations parfois violentes. Thibaud Simphal, directeur général d'Uber France, et Pierre-Dimitri Gore-Coty, directeur de la compagnie pour l'Europe du Nord, ont été renvoyés en correctionnelle, le 30 septembre prochain, dans le cadre d'une enquête préliminaire sur cette application qui contrevient à la loi Thévenoud. Emmanuel Macron avait estimé que le statut commun des chauffeurs de taxi n'était "plus adapté", ajoutant que les services de VTC, Uber, Hitch ou LeCab sont importants "parce qu'ils fournissent beaucoup de travail à beaucoup de gens" et créent une nouvelle demande. "Je pense que la loi doit offrir le cadre adapté pour permettre ce nouveau type d'activités", avait-il dit. Uber, qui juge contraire à la liberté d'entreprendre la disposition de loi Thévenoud qui organise la concurrence des taxis, n'a pas non plus renoncé et dit attendre le verdict du Conseil constitutionnel sur son recours. (Yves Clarisse)

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