France-Les syndicats révoltés par Rebsamen sur le chômage

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* Le ministre veut "renforcer le contrôle" des chômeurs * La CFDT "atterrée", la CGT juge son propos "indécent" * François Hollande esquive le sujet (Actualisé avec Rebsamen sur RTL) PARIS, 2 septembre (Reuters) - Les syndicats et une partie de la gauche se sont indignés mardi des propos du ministre du Travail, François Rebsamen, qui a dit souhaiter un renforcement du contrôle des chômeurs afin de s'assurer qu'ils cherchent effectivement un emploi. Face à cette vague de critiques, le ministre a dit ne pas comprendre "l'emballement médiatique" autour de ses déclarations et a assuré qu'il n'entendait pas "stigmatiser" les chômeurs". "Quand la gauche est là, elle ne harcèle pas les chômeurs.(...) Je ne demande que l'application de la loi", a-t-il plaidé en fin de journée sur RTL. La hausse du chômage s'est poursuivie en juillet en France, où le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, sans aucune activité, a atteint 3.424.400, un nouveau record.( ID:nL5N0QX4BO ) Selon François Rebsamen, au moins 350.000 postes ne sont pas pourvus et le ministère du Travail a mis en place des formations adaptées "pour pouvoir répondre à ces offres d'emplois qui ne trouvent pas preneur", a-t-il dit mardi matin sur i>Télé. "Trois cent cinquante mille offres qui ne trouvent pas preneur dans un pays qui compte 3,4 millions de chômeurs, c'est quand même quelque chose d'insupportable", a-t-il souligné. Et s'il a dit compter sur ces formations afin de répondre à la demande, le ministre a aussi estimé qu'il faudrait davantage veiller à ce que tous les chômeurs cherchent un emploi, laissant entendre que les abus étaient nombreux. "Je pense qu'il faut renforcer les contrôles", a-t-il dit. "Quand on est chômeur au sens du Bureau international du travail, on recherche un emploi, et donc c'est négatif pour ceux qui recherchent un emploi d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi." "Ce n'est pas la majorité. Certains, il y a des problèmes de salaire, des problèmes d'adéquation, c'est pour ça qu'on fait des formations prioritaires, mais je souhaite qu'on vérifie, au sens du BIT, que les chômeurs cherchent du travail." "INDÉCENT" Invité à se prononcer sur la méthode, François Rebsamen a évoqué "un état d'esprit, des convocations, des vérifications". "Sinon, on est radié", a-t-il prévenu. "Il faut qu'il y ait à un moment une sanction. Ce n'est pas possible dans un pays qui en difficulté, qui veut se redresser." Ces propos ont fait vivement réagir les syndicats, dont la CFDT, qui est la plus encline à engager le dialogue sur les dossiers du gouvernement et a notamment signé les accords sur la sécurisation de l'emploi ou l'assurance chômage. "Je suis atterré", a dit Laurent Berger, secrétaire général le patron de la centrale réformiste, au Talk Orange-Le Figaro. "Ma première réaction en entendant ça ce matin, c'était de penser aux gens que je connais qui cherchent du boulot, qui attendent des solutions (...) c'est de la stigmatisation", a-t-il ajouté. Le secrétaire national CGT-Chômeurs, Jean-François Kiefer, a pour sa part condamné des propos "indécents". "Il y en a marre de taper toujours sur les privés d'emploi, sur les pauvres, sur ceux qui sont dans la misère. Ce qu'on veut, c'est vivre décemment et faire vivre nos familles décemment". Le Parti communiste a, lui aussi, fustigé une position qu'il a comparé aux discours tenus par Nicolas Sarkozy. EXPÉRIMENTATION EN COURS D'autres ont exhumé un ancien communiqué du PS qui, en 2005, avait dénoncé la "lutte contre les chômeurs" du gouvernement de Dominique de Villepin lors de l'adoption d'un décret permettant aux services de l'Etat de coopérer pour contrôler les chômeurs. En déplacement à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) à l'occasion de la rentrée scolaire, François Hollande a esquivé le sujet. A la question "faut-il contrôler les chômeurs", le chef de l'Etat a répondu : "Les élèves, quelquefois, oui". Dans l'entourage du président, on estimait que les propos du ministre du Travail n'étaient "pas le sujet du jour", mais un responsable socialiste a regretté ce nouveau raté dans la communication de l'exécutif. "Cette incontinence verbale, ça doit s'arrêter", a-t-il dit sous le sceau de l'anonymat. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a regretté dans un communiqué des annonces non "pertinentes". "Si les abus peuvent être recensés, on ne peut réduire notre politique à ce but", dit-il. A contrario, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, n'a pas donné tort à son collègue, tout en soulignant qu'il n'avait pas à commenter son action. "Il est normal que dans le secteur concerné, François Rebsamen demande à ce qu'il y ait des pratiques de contrôle, je crois que c'est ce que veulent tous les Français", a-t-il dit en marge d'un déplacement dans la Manche. (Gregory Blachier, avec Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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  • M363422 le mardi 2 sept 2014 à 20:25

    ..ultra libéraux qui en sont restés à la vieille théorie néo classique selon laquelle tout chômage est volontaire, car dans une éco de marché il ne peut y avoir de chômage. De plus cela renvoie à une conception strictemet économique du travail,oubliant sa dimension sociale et psychologique. Tout cela est attérant et permet à toute une bande de simplets au café du commerce de justifier leurs stupidités.

  • M363422 le mardi 2 sept 2014 à 20:24

    On avait l'habitude sur certains sujets de lire ou d'entendre les 1 bécilités de certaines personnalités de droite et d'extrême droite, typique,la sécurité,l'immigration et le chômage. Mais que'un ministre qui se dit socialiste se laisse aller à ce genre de déclaration (et même si depuis il tente de modérer ses propos) est consternant. Faute de faire reculer le chômage, et personne ne dit que c'est facile, s'en prendre aux chômeurs n'est pas la bonne méthode. Laissons cela à quelques......

  • fbordach le mardi 2 sept 2014 à 19:52

    Ceux qui payent les impôts sont contrôlés, pourquoi pas ceux qui touchent des indemnités chômages?

  • fbordach le mardi 2 sept 2014 à 19:51

    Eh oui, la vérité n'est pas bonne à dire, surtout quand nos syndicats d'un autre siècle ne veulent pas l'entendre!

  • a.guer le mardi 2 sept 2014 à 19:18

    il serait grand temps de rappeler que les syndicats ne représentent plus qu'eux mêmes et que l'on en n'a rien a fiche de ce qu'ils pensent ! L'important c'est "qu'est ce que le peuple en pense" : gageons que son bon sens l'emporte sur l'idéologie syndicale

  • M6832035 le mardi 2 sept 2014 à 19:17

    Oui .jpeg tu as raison, mais pour moi c'est la désillusion !

  • .jpeg le mardi 2 sept 2014 à 19:15

    MLP est prête à promettre tout et son contraire. Elle veut la place. Plus démago, y a pas.

  • M6832035 le mardi 2 sept 2014 à 19:09

    Vers qui se tourner ? J'entendais ce jour Marine Le Pen prôner l'augmentation du point d'indice des Fonctionnaires !!!! Si c'est ça ses solutions, voilà je ne sais plus vers qui me tourner !

  • M6832035 le mardi 2 sept 2014 à 19:05

    Mais bien sûr continuons à payer tout azimut, sans contrôle, on a tellement d'argent !

  • j.delan le mardi 2 sept 2014 à 19:05

    Il cherche un moyen de radier et ainsi de faire baisser le chomage, mais ça c'est pas la réalité. 350.000 emplois non pourvus, mais offre à perpignan et le bon profil à dijon qui reste à dijon parce que son crédit..., l'emploi de son épouse...., le risque de la période d'essai; Ce fonctionnaire n'a pas le sens des réalités très développé.