France-Les syndicats réformistes affichent leur détermination

le
0
    * La "famille réformiste" unie pour demander des concessions 
    * La CFDT fait part de sa "détermination totale" 
    * Les syndicats modérés menacent de durcir leurs actions 
 
 (Actualisé avec contexte, autres déclarations) 
    PARIS, 12 mars (Reuters) - Les syndicats réformistes, sur 
lesquels le gouvernement compte pour appuyer une réforme du Code 
du travail très controversée, ont affiché samedi leur 
détermination à obtenir des concessions, sous peine d'accentuer 
la mobilisation contre le projet. 
    Les syndicats réformistes de salariés et d'étudiants - CFDT, 
CFE-CGC, CFTC, FAGE et Unsa - ont mené quelques actions samedi 
dans plusieurs villes de France, comme Paris, Nice et Toulouse, 
pour faire connaître leurs contre-propositions. 
    Ils souhaitent que le Premier ministre Manuel Valls, qui 
réunira lundi les partenaires sociaux pour leur annoncer les 
points sur lesquels il est prêt à amender le texte, y apporte 
des améliorations importantes mais ne demandent pas son retrait, 
contrairement à des centrales comme la CGT et FO, et à la 
majorité des syndicats étudiants et lycéens. 
    "Il faut que le gouvernement nous entende, s'il ne nous 
entend pas, il faut qu'il sache que notre détermination est 
totale", a déclaré le secrétaire général de la CFDT Laurent 
Berger sur la place de la République à Paris, où quelques 
centaines de personnes à peine s'étaient rassemblées.  
    "Ce projet de texte inacceptable à bien des égards est 
totalement déséquilibré", a-t-il ajouté. 
    "Si la CFDT n'est pas entendue sur ses exigences, eh bien la 
CFDT se mobilisera pour faire évoluer ce texte si ce n'était pas 
le cas d'ici lundi. Donc il faut que le gouvernement le sache, 
la détermination des militants de la CFDT est totale, nous 
sommes prêts à nous mobiliser davantage encore, c'est à lui de 
choisir", a-t-il ajouté lors d'un point de presse. 
    Pour la CFDT, les principales revendications portent sur 
l'abandon du plafonnement des indemnités prud'homales en cas de 
licenciement abusif et sur la définition du licenciement 
économique pour éviter notamment qu'un groupe internationalement 
florissant puisse prétexter de sa seule situation en France pour 
se débarrasser de ses salariés.  
     
    LES "RÉFORMISTES" VEULENT UN "SIGNAL" 
    La présidente de la CFE-CGC, Carole Couvert, a abondé dans 
le même sens que son homologue de la CFDT. 
    "Le projet actuel n'est qu'en faveur de plus de flexibilité 
pour les entreprises, donc le gouvernement doit entendre", 
a-t-elle déclaré à BFM TV. "La mobilisation des réformistes est 
au rendez-vous, nous attendons un vrai signal lundi." 
    Le fait que la "famille réformiste" se mobilise de façon 
unitaire, "c'est rare, ça démontre notre détermination et le 
fait que si nous ne sommes pas entendus, nous sommes prêts 
(à)d'autres formes d'action." 
    La confédération des cadres veut par exemple maintenir les 
accords de branche et ne veut pas de référendum d'entreprise au 
cas où les syndicats bloqueraient un accord. 
    Carole Couvert a fait référence aux pressions qu'elle a 
subies de la part du président Medef, Pierre Gattaz, pour 
qu'elle appuie le projet du gouvernement, dans des SMS révélés 
vendredi par Reuters.   
    Manuel Valls a promis vendredi de dévoiler un compromis 
"dynamique et ambitieux" lundi, sans dévoiler ses batteries, 
après avoir reçu les syndicats de jeunes qui veulent le retrait 
du projet de réforme.   
    Les syndicats étudiants et lycéens ont appelé à une forte 
mobilisation le 17 mars et à rejoindre les manifestations des 
syndicats contestataires de salariés prévues le 31 mars.  
    Si les syndicats réformistes n'obtiennent pas gain de cause 
lundi, ils pourraient donc se retrouver dans la rue avec les 
centrales contestataires le 31 mars. 
 
 (Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant