France-Les syndicats demandent une expertise sur Alstom

le , mis à jour à 16:24
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    * Un cabinet mandaté pour obtenir un état précis de la 
situation 
    * Manifestation des salariés de Belfort devant le siège 
d'Alstom 
    * L'inquiétude gagne l'usine d'Aytré, près de La Rochelle 
 
 (Actualisé avec PDG d'Alstom § 14) 
    PARIS, 27 septembre (Reuters) - Le comité central 
d'entreprise (CCE) d'Alstom  ALSO.PA , dont les salariés ont 
manifesté mardi pour la sauvegarde de l'emploi sur le site 
menacé de Belfort, a voté un droit d'alerte économique sur le 
groupe et mandaté un cabinet d'experts, a appris Reuters de 
source syndicale. 
    Le droit d'alerte économique est une procédure que le CCE 
peut déclencher pour obtenir un état précis de la situation 
d'une entreprise si celui-ci est jugée préoccupante. 
    "Il y a eu un vote à l'unanimité, toutes organisations 
syndicales confondues", a déclaré mardi à Reuters André Fages, 
délégué de la CFE-CGC du site de Belfort et membre du CCE, selon 
qui la séance a ensuite été suspendue sine die.  
    Le CCE a mandaté le cabinet d'expertise Cecafi, qui suit 
habituellement le groupe, recentré sur ses activités dans le 
transport ferroviaire depuis la cession de sa branche énergie à 
General Electric  GE.N . 
    "Nous voulons un état économique de la société et de 
l'impact des choix stratégiques de la direction sur 
l'entreprise", a ajouté André Fages. 
    La direction d'Alstom a pris acte du vote du CCE. 
    "C'est une demande d'expertise complémentaire aux expertises 
annuelles sur les comptes. Nous allons nous y conformer", a-t-on 
dit à Reuters de source proche des dirigeants de l'entreprise. 
    Les syndicats sont dans l'attente de propositions du 
gouvernement, détenteur provisoire de 20% des droits de vote au 
sein du groupe, pour sauver le site de Belfort, spécialisé dans 
la fabrication de motrices, dont la direction a annoncé il y a 
15 jours le transfert en Alsace. 
    Olivier Kohler, un délégué CFDT d'Alstom à Belfort qui 
participait mardi à la manifestation des salariés au siège du 
groupe à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a expliqué après avoir 
été reçu par la direction que celle-ci "persiste et signe dans 
son projet de tranférer l'activité de Belfort sur Reichshoffen". 
                     
    NOUVEAU CCE MARDI PROCHAIN 
    L'inquiétude a gagné l'usine Alstom d'Aytré, près de la 
Rochelle, où quelque 300 salariés se sont réunis en signe de 
soutien aux salariés de Belfort. 
    "On vient d'apprendre que La Rochelle serait dans la même 
situation s'ils n'ont pas de commandes en 2018", a dit sur 
France 3 Poitou-Charentes le délégué Force ouvrière Fabrice 
Cotrel, qui estime que "la solution doit venir de l'État". 
    L'usine d'Aytré emploie 1.200 salariés dont une centaine 
d'intérimaires qui travaillent à l'assemblage de tramways et de 
TGV. 
    Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, en discussion avec 
le gouvernement, a déclaré mardi vouloir attendre les 
propositions du gouvernement et les étudier avant de statuer 
définitivement sur le sort du site de Belfort.  
    "Je ne sais pas aujourd'hui quelle sera la nature des 
annonces du plan qui sera mis en oeuvre, annoncé par le 
gouvernment, par nous-mêmes, je sais pas dans quelle forme, dans 
les jours qui viennent. Je n'en sais rien", a-t-il déclaré lors 
d'une audition à l'Assemblée nationale. 
    Selon des sources syndicales, le secrétaire d'Etat à 
l'Industrie, Christophe Sirugue, recevra les syndicats vendredi 
ou au début de la semaine prochaine, pour leur présenter un 
"projet global" portant sur l'ensemble des sites d'Alstom. 
    Un comité d'entreprise de groupe au niveau européen est 
prévu mardi prochain. Selon Philippe Pillot, délégué Force 
ouvrière, c'est à cette occasion que la direction d'Alstom 
pourrait dévoiler ses intentions. 
    Le président du Medef, Pierre Gattaz, interrogé par RTL, a 
mis en garde mardi le gouvernement contre la tentation de 
susciter des commandes "électoralistes ou artificielles" pour 
remplir les carnets de commande d'Alstom. 
    Si c'était le cas, "ça ne marchera pas durablement (...) On 
va régler le problème pendant deux ans et dans deux ans vous 
aurez le même problème à régler", a-t-il dit.     
    "Les entreprises sont des êtres vivants qui s'adaptent dans 
un monde en mutation permanente. Donc soit en effet il y a des 
commandes, des vraies commandes qui arrivent, et bravo, ce site 
de Belfort pourra être sauvé et se déployer", a-t-il ajouté. 
"Soit il n'y a pas de commande, il n'y a pas de marché, il faut 
adapter ce site. Par contre, il faut s'intéresser aux salariés, 
qui devront être accompagnés dans leur mutation." 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Claude Canellas, Myriam Rivet et Leigh 
Thomas, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • mark92 il y a 9 mois

    Les syndicats demandent quoi encore ?? Déjà planqué dans des locaux, toujours en décharge de service quand ils font grève, ni vu ni connu mais pas de retrait sur salaire contrairement aux grévistes. Pas belle la vie de syndicaliste ??

  • a.lauver il y a 9 mois

    Et personne ne demande une expertise sur leur comptes et la gestion de leur syndicat?