France-Les syndicats anti-loi Travail ne désarment pas

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    * Appel à deux nouvelles journées de mobilisation 
    * Les routiers entreront en grève à partir du 16 mai 
    * La mobilisation doit s'amplifier, dit le patron de la CGT 
 
 (Actualisé avec Sud Rail, §5) 
    PARIS, 11 mai (Reuters) - Les sept syndicats opposés à la 
réforme du Code du Travail espèrent que la mobilisation va 
repartir de plus belle après le passage en force du gouvernement 
à l'Assemblée nationale, avec notamment l'entrée en lice des 
routiers. 
    La CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et Fidl ont 
annoncé, outre la mobilisation déjà prévue jeudi, deux nouvelles 
journées de grève et manifestations les 17 et 19 mai. 
    Les syndicats recevront le soutien des routiers, les 
fédérations FO, CGT et Sud des transports ayant appelé à une 
grève reconductible à partir de la nuit du 16 mai, avec la 
menace de bloquer une partie de l'activité du pays. 
    Les sept fédérations de cheminots, qui devaient se réunir 
mercredi pour décider de nouvelles actions après trois journées 
de grève en mars, pourraient alourdir un peu plus le climat 
social, même si leurs revendications sont spécifiques. 
    Sud Rail, troisième syndicat à la SNCF, a appelé dans la 
soirée à une grève reconductible à partir du 18 mai, en citant 
le projet de réforme du Code du travail et le recours du 
gouvernement à l'article 49-3 de la Constitution parmi ses 
motifs de mécontentement. 
    Les syndicats de cheminots entendent peser sur les 
négociations en cours, consécutives à la réforme ferroviaire 
d'août 2014. 
    "Rien n'est terminé", a déclaré Philippe Martinez, le 
secrétaire général de la CGT, pour qui l'utilisation de 
l'article 49-3 de la Constitution qui permet d'adopter un texte 
sans vote si une motion de censure ne sanctionne pas le 
gouvernement est "vraiment un signe de faiblesse". 
    "Nous sommes déterminés et le débat parlementaire doit se 
poursuivre. La mobilisation doit également s'amplifier", a-t-il 
dit sur Europe 1, en dénonçant un "déni de démocratie". 
    Jean-Claude Mailly, le dirigeant de Force de Force ouvrière, 
estime lui aussi que "le combat n'est pas terminé". "On ne va 
pas baisser les bras. Il ne faut pas croire que le gouvernement 
va s'en tirer comme ça", a-t-il dit sur iTELE. 
     
    "UN PROJET RÉTROGRADE" 
    La mobilisation contre la loi Travail avait culminé le 31 
mars, avec 390.000 à 1,2 million de personnes, selon les 
sources, défilant à travers la France, avant de s'étioler au fil 
des manifestations. 
    Le 1er mai, que les syndicats avaient placé sous le signe de 
l'opposition au projet de réforme du Code du travail, n'avait 
rassemblé qu'un peu plus de 80.000 personnes à travers le pays, 
selon le ministère de l'Intérieur. 
    A l'appel du mouvement "Nuit debout", des milliers de 
personnes ont néanmoins manifesté dès mardi soir devant 
l'Assemblée nationale dans la capitale et dans une douzaine de 
villes de province pour dénoncer le "passage en force". 
    "49-3, la température monte", proclamait la pancarte d'un 
manifestant bloqué sur le pont de la Concorde, tandis que 
d'autres portaient un bâillon avec l'inscription 49-3. 
    Parmi les points les plus conflictuels du texte figurent la 
primauté accordée aux entreprises pour l'organisation du temps 
de travail et la possibilité de tenir des référendums internes. 
    "Le gouvernement essaie de nous faire croire qu'il a proposé 
un projet moderne, or c'est un projet rétrograde", a insisté 
Philippe Martinez. "Les sondages d'opinion montrent que 72% des 
Français sont contre la loi Travail", a-t-il rappelé. 
    Myriam El Khomri, la ministre du Travail, s'est défendue de 
tout passage en force. "Si le gouvernement avait renoncé à cause 
de 10 % de députés socialistes, c'est ça qui n'aurait pas été 
démocratique", a-t-elle affirmé sur France Info. 
    "Si j'avais cru une seule seconde que cette loi était une 
loi de régression pour les salariés, je ne l'aurais jamais 
portée", a-t-elle ajouté. 
 
 (Gérard Bon, édité par Simon Carraud) 
 
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