France-Les socialistes partagés sur un recours aux ordonnances

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PARIS, 31 août (Reuters) - Jean-Christophe Cambadélis s'est dit hostile dimanche à un recours aux ordonnances, comme l'envisage Manuel Valls pour le projet de loi sur la croissance, au contraire de Bruno Le Roux qui en accepte le principe sous réserve d'un débat préalable avec la majorité. L'entourage du Premier ministre a confirmé l'intention du gouvernement de légiférer par ordonnances sur "certains aspects" du projet de loi "pour aller plus vite, pour être efficace". Le quotidien Les Echos, qui a révélé l'information vendredi, précise que les ordonnances porteraient notamment sur la déréglementation de certaines professions (notaires, huissiers...) et l'assouplissement du travail dominical. Invité de BFM TV, le premier secrétaire du Parti socialiste n'adhère pas à la méthode. "Je n'y suis pas tellement favorable, parce qu'on n'y gagne pas tant que ça, et il vaut mieux un débat au Parlement (...). De toute façon, même avec les ordonnances, le débat sera au Parlement", a-t-il commenté. "Je dis que je n'y suis pas favorable, mais on va voir ce que va faire le Premier ministre", a-t-il ajouté. Pour Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, l'"urgence" économique peut justifier de légiférer par ordonnances. "Par nature ,je ne suis pas favorable aux ordonnances. Mais là s'agissant de la croissance, vous voyez bien qu'il y a une urgence", a-t-il dit sur France Inter. PAS DE 49-3, SELON MICHEL SAPIN "Ce que nous reproche les Français, c'est bien souvent le temps entre le moment où nous annonçons un texte et le moment où il est voté", a-t-il relevé. "Je peux comprendre la volonté du gouvernement d'aller vite. Pour autant, il doit y avoir un débat. Moi je n'accepterai d'ordonnances qu'à partir du moment où elles ont été discutées auparavant avec la majorité", a prévenu l'élu. Le Parti de gauche a accusé samedi le nouveau gouvernement de Manuel Valls de "vouloir dissoudre la démocratie". "Même Nicolas Sarkozy n'avait pas osé", s'insurge dans un communiqué Martine Billard, secrétaire nationale du parti. "Le gouvernement Valls II n'est plus sûr d'avoir une majorité au Parlement pour faire adopter ses mauvais coups. (...) Il préfère dissoudre la démocratie à coup d'ordonnances et pourquoi pas demain de 49-3", estime-t-elle. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a déclaré dimanche ne pas avoir "d'inquiétude" quant à la capacité du gouvernement à rassembler une majorité pour l'adoption du budget 2015. Lors du vote du programme d'économies 2015-2017 à l'Assemblée, en avril dernier, 41 députés socialistes "frondeurs" s'étaient abstenus. "Ça n'ira pas au-delà" à l'automne lors du vote sur le budget, a estimé Michel Sapin dans le cadre du "Grand Jury" RTL-LCI-Le Figaro. Prié de dire si le gouvernement pourrait recourir au "49-3", l'article de la Constitution qui lui permet faire passer un texte sans vote, le ministre a répondu : "Non, je ne le pense pas". (Sophie Louet avec Elizabeth Pineau)

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