France-Les sénateurs se rebiffent contre Bartolone

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(Actualisé avec réponse Bartolone) PARIS, 29 janvier (Reuters) - Les sénateurs de tous les bords politiques se sont élevés jeudi contre le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, qui a une nouvelle fois plaidé en faveur de la suppression de leur assemblée. Les présidents des divers groupes ont ainsi réaffirmé leur attachement au bicamérisme et apporté leur soutien au président du Sénat, l'UMP Gérard Larcher, lors d'un rappel au règlement improvisé avant les questions d'actualité du Sénat. "Le bicamérisme, c'est plus de démocratie, c'est plus de liberté, c'est plus de représentation dans la diversité", a lancé Gérard Larcher. "On me dit parfois rond, je suis aussi un homme de décision et d'engagement". Claude Bartolone lui a répondu vertement, l'appelant à garder son "sang-froid" et à ne pas rompre "l'unité nationale" qui a suivi les attentats de Paris, ne voyant dans sa démarche qu'un "alibi" pour refuser tout travail en commun. "Je vous le dis très solennellement, ni l'émotion personnelle, ni les divergences institutionnelles ne doivent faire perdre son sang-froid ou remettre en cause la responsabilité singulière que nous confient nos fonctions", écrit-il au président du Sénat. Claude Bartolone a répété jeudi matin sur RMC et BFMTV qu'il était favorable à une "suppression du Sénat en tant que Sénat" et a prôné son rapprochement avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE). La réponse de Gérard Larcher ne s'est pas fait attendre. Après le refus du Sénat de fusionner sa chaîne télévisée, Public Sénat, avec celle de l'Assemblée, LCP-AN, il a décidé de ne plus travailler avec son homologue du Palais-Bourbon sur "l'engagement républicain", comme l'avait demandé François Hollande. "Constatant le profond désaccord sur leurs conceptions institutionnelles, à un moment où la situation dans le pays appelle à l'unité et au rassemblement, le président du Sénat a considéré que le travail en commun avec le président de l'Assemblée nationale n'était plus possible en conscience et en responsabilité", annonce la présidence du Sénat dans un communiqué. "Il lui a signifié directement. Il ne poursuivra pas cette réflexion commune, mais remettra directement ses conclusions au Président de la République", conclut le communiqué. Juste avant les questions d'actualité au Sénat, les présidents de groupe, de l'UMP à l'UDI en passant par les écologistes et le Parti socialiste, ont ensuite déclenché un tir nourri contre Claude Bartolone. Tous ont jugé son attaque particulièrement inopportune dans la période de concorde censée suivre les attentats de Paris. Cette interview "était inadaptée, inopportune et dans un temps politique qui n'était pas convenable", a déclaré le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé, en invitant ses pairs à applaudir Gérard Larcher. Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain et citoyen (CRC) a estimé que l'on ne pouvait pas "jeter en pâture un sujet aussi important que le devenir de nos institutions" sur un plateau de télévision. "Nous défendons le Sénat, parce que nous sommes profondément attachés au travail que nous faisons tous", a dit le chef de file des socialistes, Jean-Pierre Sueur. (Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • miez1804 le vendredi 30 jan 2015 à 11:15

    "Le bicamérisme, c'est plus de démocratie, c'est plus de liberté, c'est plus de représentation dans la diversité", FAUX: c'est surtout plus d'argent des cons-tribuables gaspillé!

  • M6662180 le jeudi 29 jan 2015 à 21:43

    25000€ le prix d'un sénateur : un ratio prix/rendement désastreux.A supprimer comme le CESE (garage à planqués) conseil économique et social et "environnemental.Inutilités d'un autre temps

  • JOG58 le jeudi 29 jan 2015 à 21:26

    on pourrait egalement reduire de moitié le nb de députés. Personne ne s'en plaindrait; d'ailleurs la plus part d'entre eux ne sont pas présent à l'assemblée

  • M2904663 le jeudi 29 jan 2015 à 17:53

    De Gaulle était, déjà, pour la suppression, beaucoup d’hommes politiques, en off, le sont aussi, ainsi que la majorité des français. Le Conseil économique et Social fait double emploi, au moment ou l'on cherche des économies, de la simplicité et de la rapidité dans les décisions, c'est au contraire le moment d'envisager sa suppression. Le plus tôt sera le mieux