France-Les salariés de la Seita à Paris pour un baroud d'honneur

le
0

NANTES, 21 septembre (Reuters) - Quelque 250 des 327 salariés de l'usine Seita de Carquefou (Loire-Atlantique) manifesteront lundi à Paris pour obtenir de meilleures indemnités du dernier fabricant français de cigarettes, qui a décidé de fermer leur site en janvier. Cette manifestation survient après la décision de la Seita de fermer mardi les accès du site, à la suite d'"exactions incompréhensibles" commises, selon la direction, par des salariés qui occupaient l'usine. Des fûts de colle ont été déversés sur les quais de déchargement, des stocks de filtres et de cigarettes saccagés et des feux de palettes allumés, a-t-elle dit dans un communiqué. Selon elle, ces dégradations ont été commises alors que des "avancées significatives" avaient été obtenues dans le cadre des négociations sur un plan social. La Seita a notamment proposé le versement d'un mois et demi de salaire par année d'ancienneté, soit 107.000 euros en moyenne par salarié, avec un plancher individuel de 40.000 euros. Mais les syndicats jugent ces indemnités insuffisantes. "On sait qu'on demande des choses énormes par rapport à ce qu'on peut voir dans d'autres fermetures de sites mais, dans notre cas, on sait que l'argent est là", explique Sébastien Maugis, élu (CGT) au comité d'entreprise de Carquefou. "Chaque salarié rapporte chaque mois 40.000 de bénéfices à la Seita. En France, il n'y a que Total pour faire mieux." Outre la majoration de l'indemnité de licenciement, les syndicats réclament une "prime additionnelle" symbolique de 480.000 euros pour chaque salarié, correspondant aux bénéfices que chacun a rapportés au cours de l'année écoulée. "Au départ, on se battait pour le maintien du site mais personne n'a répondu à Bercy", dit Sébastien Maugis. "Les gens sont dégoûtés car ils savent que leur boîte gagne des millions et des millions. Aujourd'hui, on se bat donc pour avoir un plan social à la hauteur des bénéfices de l'entreprise." DES CADRES RETENUS De son côté, la direction a proposé à ses syndicats dix-huit "reclassements internes" dans son usine de Riom (Puy-de-Dôme), où serait transférée la production de 1,5 milliard de cigarettes. Des départs anticipés à la retraite et des mesures "d'accompagnement" sont aussi proposés. Cinq cadres de Carquefou avaient été retenus par les salariés du site en mai pour réclamer le paiement d'"absences non autorisées" pour cause de réunions d'information syndicales. Imperial Tobacco, propriétaire de l'ancienne régie publique des tabacs française, avait annoncé un mois plus tôt la fermeture du site ainsi que celle de son centre de recherche et développement de Bergerac (Dordogne), où travaillent une trentaine de personnes. Le groupe britannique va également fermer son usine historique de Nottingham, au Royaume-Uni. Le groupe justifie cette réorganisation par la volonté de "sauvegarder la compétitivité" du fabricant de cigarettes, confronté à un important ralentissement de la demande, à une pression réglementaire croissante et à l'explosion de la contrebande et de la contrefaçon. Outre une petite filiale en Corse, la Seita ne conservera plus dans l'Hexagone que son usine de Riom, où travaillent 224 personnes. Elle dispose par ailleurs toujours d'une plate-forme logistique au Havre (Seine-Maritime) et d'un centre de recherche et développement près d'Orléans (Loiret), qui emploient chacun une centaine de personnes. (Guillaume Frouin, édité par Emmanuel Jarry)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant