France-Les routiers démarrent une semaine de grèves

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    * Grèves à la SNCF, chez les routiers, dans les ports et 
l'aérien 
    * Deux nouvelles journées de manifestations 
    * "Je ne céderai pas", dit François Hollande 
 
    PARIS, 17 mai (Reuters) - Les routiers ont inauguré mardi 
une semaine de grèves reconductibles, notamment dans les 
transports, destinées à relancer la mobilisation contre la loi 
Travail qui s'était nettement essoufflée la semaine dernière.   
    Sept syndicats ont maintenu deux nouvelles journées de 
manifestations ce mardi et jeudi en dépit du passage en force du 
gouvernement, qui a eu recours à l'article 49-3 de la 
Constitution pour faire adopter le texte en première lecture. 
    Si les opposants (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et 
Fidl) veulent croire qu'un recul du gouvernement est toujours 
possible d'ici la seconde lecture du texte, François Hollande a 
affirmé mardi matin que la loi El Khomri passerait.  
    "Je ne céderai pas parce qu'il y a eu trop de gouvernements 
(...) qui ont cédé, d'où l'état du pays que j'ai trouvé en 
2012", a-t-il dit sur Europe 1. 
    La CGT, qui mène la danse de la protestation avec des mots 
d'ordre durs, mise sur les grèves à répétition pour inverser le 
rapport de force. 
    "On est au-delà du bras de fer. On n'a aucune raison 
d'arrêter le mouvement, ce projet de loi n'est ni amendable, ni 
négociable. La posture de François Hollande ne nous surprend 
pas, il ne fait que montrer au grand jour le visage anti-social 
de ce gouvernement", a répondu Olivier Mateu, secrétaire général 
de la CGT dans les Bouches-du-Rhône. 
    Les chauffeurs routiers, mobilisés contre "l'inversion de la 
hiérarchie des normes", c'est-à-dire le fait que les accords 
d'entreprises puissent primer sur le Code du travail ou les 
conventions collectives, ont donné le coup d'envoi dans la nuit 
de lundi à mardi. 
    Les fédérations FO, CGT et Sud-Solidaires ont appelé à une 
grève reconductible avec le blocage de zones logistiques et de 
sites dits sensibles, ainsi que la tenue de barrages filtrants 
et d'opérations escargot. 
     
    PERTURBATIONS MERCREDI A LA SNCF 
    Des chauffeurs-routiers, accompagnés de membres de "Nuit 
debout" et d'intermittents du spectacle, ont quitté dans la nuit 
leur point de blocage à Cestas en Gironde, pour installer un 
nouveau blocus devant les transports Perguilhem à Ambès, près de 
Bordeaux, a-t-on appris en fin de nuit auprès des organisateurs. 
    Des actions similaires ont été menées à Caen, Rouen, Nantes, 
Lanester (Morbihan), Tancarville, près du Havre, Saint-Omer 
(Pas-de-Calais), provoquant d'importants bouchons, selon le 
Centre national d'informations routières. D'autres opérations 
ont eu lieu à Lyon, Limoges, Valenciennes, Perpignan, Lille et 
près de Marseille, selon les syndicats. 
    La CGT a également prévu de bloquer les ports du Havre, de 
Nantes-Saint-Nazaire et de Marseille. 
    "Aujourd'hui le mouvement s'intensifie, comme au port où un 
arrêt de travail de 72 heures a été voté. La réaction de 
François Hollande n'arrange rien. Il joue le tout pour le tout, 
c'est dangereux pour le pays", a dit Pascal Galéoté, secrétaire 
général CGT du port de Marseille. 
    A la SNCF, la CGT-cheminots et SUD-rail appellent à la grève 
reconductible à la SNCF à la fois pour peser dans les 
négociations sur les conditions de travail des cheminots et 
protester contre le projet de loi Travail. 
    Les organisations ont opté pour des modalités différentes de 
grève, chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots et tous 
les jours pour Sud-Rail. 
    La SNCF prévoit des perturbations du trafic mercredi avec en 
moyenne 2 TGV roulant sur 3, 3 RER sur 4 (sauf E), 6 Transilien 
sur 10, 4 Intercités sur 10 et 1 TER sur 2. 
    Le trafic aérien devrait être perturbé jeudi avec l'appel à 
la grève lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction 
générale de l'Aviation civile (DGAC). L'impact sur la navigation 
aérienne devrait connu mardi. 
    La fédération des syndicats CGT du pétrole a quant à elle 
lancé un appel au blocage progressif des produits pétroliers 
entre mardi et jeudi, avant la tenue vendredi d'assemblées 
générales pour décider de l'éventualité d'une grève 
reconductible ou de la mise à l'arrêt des sites. 
 
 (Gérard Bon, avec service France, édité par Yves Clarisse) 
 
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