France-Les retards de paiement seront rendus publics, dit Macron

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PARIS, 7 octobre (Reuters) - Les noms des entreprises sanctionnées les plus lourdement pour des retards de paiement seront dévoilés publiquement d'ici la fin de l'année, manière d'inciter à davantage de rigueur en la matière, a déclaré mercredi le ministre de l'Economie. A l'heure où s'ouvrent les négociations commerciales annuelles en France entre industriels et distributeurs, Emmanuel Macron a souhaité qu'elles se déroulent dans un climat "apaisé" et a prévenu que l'Etat jouerait son rôle d'encadrement. Ce sera notamment le cas en ce qui concerne les retards de paiement qui, a-t-il dit lors d'un colloque sur les négociations commerciales, "gangrènent notre économie". Les délais de paiement représentent un poids de quelque 15 milliards d'euros pour les entreprises en attente et provoquent un quart des défaillances, ce qui a conduit à mieux les encadrer en 2008, puis dans la loi pour la croissance et l'activité de 2015. "Le retard en termes de délais de paiement fait que ce sont les PME qui aujourd'hui, dans notre pays, sont les premières banques des grands groupes", a dit le ministre. "C'est ce qui explique que trop souvent, des défaillances d'entreprise surviennent alors que les fondamentaux économiques sont encore bons." Invoquant la pratique du "name and shame" anglo-saxon (pointer du doigt les responsables), qu'il avait déjà citée en mars sur ce sujet, il a fait savoir qu'il allait mettre sa menace à exécution en donnant d'ici la fin de l'année les noms des principales entreprises sanctionnées. "TRANSPARENCE" "Il n'y a qu'une chose qui permet d'avancer, c'est la transparence", a dit Emmanuel Macron. "Si on considère que tout peut se régler derrière les rideaux, là où le plus fort reprend ses droits sur le plus faible, c'est terminé." Après un été marqué par la crise agricole et l'adoption de plans d'aide d'urgence aux filières bovine, porcine et laitière, et par des accords de coopération à l'achat entre distributeurs, le ministre a appelé ces derniers à la responsabilité. "Il y a un rapport de forces qui n'est pas équilibré, ce n'est pas un jugement de valeur, par une stigmatisation, c'est un état de fait, lié aussi au fait que nous sommes restés dans une très grande division, parfois une balkanisation dans certains secteurs de l'alimentaire", a-t-il dit. "Il y a clairement un avantage qui pèse sur les fournisseurs puisqu'ils ont un passage obligé (...) L'enjeu, c'est de rééquilibrer pour que les négociations ne soient pas des négociations de façade." Il a assuré que l'Etat suivrait de très près la situation, en particulier l'activité des centrales d'achat aux termes des trois accords de coopération - entre Auchan, Metro et Système U, Casino et Intermarché, et Carrefour et Cora. "Nous serons collectivement très vigilants pour qu'elles ne débouchent pas sur des situations d'entente", a-t-il dit, ajoutant qu'il userait de son pouvoir d'assignation dès que cela s'avérerait nécessaire. L'année dernière, le ministère de l'Economie avait assigné plusieurs distributeurs pour des clauses abusives, visant entre autres des demandes de compensation de marges. (Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)


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