France-Les restes de Mia Electric vendus à la découpe

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BORDEAUX, 24 septembre (Reuters) - La vente aux enchères des actifs mobiliers du constructeur de voitures électriques Mia Electric, mercredi et jeudi, met un terme quasi définitif à l'aventure de l'engin créé par l'équipementier automobile Heuliez liquidé en 2010. Mia Electric est née de la reprise de l'activité de véhicules électriques du groupe Heuliez par l'investisseur allemand Edwin Kohl en 2010, année marquée par l'entrée au capital à hauteur de 5 millions d'euros (12%) de la région Poitou-Charentes alors présidée par Ségolène Royal, l'actuelle ministre de l'Ecologie, qui y a ajouté 1,5 millions d'euros. Le groupe de Cerizay (Deux-Sèvres) avait été repris en 2013 par le consortium d'investisseurs Focus Asia basé en Allemagne. La présidente de Mia Electric, Michèle Boos, n'a eu que quelques mois pour redresser une situation financière tendue et relancer un produit sur un marché où la demande est faible. Mais les dettes ont eu raison de l'entreprise placée en redressement judiciaire le 12 février dernier puis mise en liquidation le 12 mars, avec 200 licenciements, par le tribunal de commerce de Niort qui avait jugé le plan présenté par Michèle Boos insuffisant pour assurer l'avenir. "J'avais eu un délai jusqu'au 26 mars. J'avais un chèque de banque de 1,7 million d'euros et j'ai versé 300.000 euros pour payer les salaires en retard. Mais de manière surprenante, on ne m'a pas laissé le temps", a-t-elle dit à Reuters. LE DERNIER ESPOIR ENVOLÉ Alfredo Dias Couto, ancien délégué CFDT de l'entreprise, dit son "amertume" de voir l'entreprise vendue à la découpe. "Nous avions pris position pour un repreneur, Mia Génération, qui s'engageait à reprendre 70 salariés. Le tribunal de commerce ne nous a pas suivi et une grande partie des anciens salariés n'a toujours pas retrouvé de travail", a-t-il déclaré. Mia Génération était un consortium d'industriels du secteur des batteries que Michèle Boos soutenait. Elle a décidé avec une dizaine d'anciens salariés et Mia Génération de relancer l'activité dans une nouvelle unité située près de Cerizay pour une nouvelle voiture électrique au coût de fabrication bien inférieur à sa devancière, à moins de 10.000 euros. Les premiers véhicules pourraient sortir des chaînes de montage dans le courant de l'année 2015. L'autre partie d'Heuliez, Heuliez SAS, dont l'actionnaire principal Baelen Gaillard Industrie (BGI) avait repris les activités traditionnelles de carrosserie du groupe historique, a également été liquidée en octobre 2013 avec ses 285 salariés. Le dernier espoir de relance fondé sur l'implantation par l'industriel espagnol Cosmos d'une unité de fabrication de pièces détachées pour Volkswagen vient de s'envoler. La société d'économie mixte (SEM), la Fabrique régionale du Bocage dans laquelle la Région a investi 650.000 euros pour assurer la maintenance du site avec 14 embauches à la clé, a créé Cartol, une filiale spécialisée dans le ferrage et le montage avec des clients comme Alstom. De nouvelles unités sont également venues s'installer sur le site mais l'une d'entre elles, JDM, spécialisée dans la voiture sans permis, vient d'être mise en liquidation. (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)

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