France-Les Républicains voteront contre la loi Travail

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    * Radicaux de gauche et socialistes satisfaits 
    * Les écologistes divisés, l'UDI attentiste 
 
    PARIS, 15 mars (Reuters) - Les Républicains ont annoncé 
mardi qu'ils voteraient contre la nouvelle mouture du projet de 
loi de réforme du Code du travail mais les centristes de l'UDI, 
dont le vote pourrait être crucial, préfèrent attendre avant de 
se prononcer. 
    Le groupe socialiste, qui s'est une nouvelle fois réuni 
mardi, s'est quant à lui déclaré satisfait des changements 
proposés par le Premier ministre Manuel Valls, dont le projet 
réécrit a été bien accueilli par les syndicats réformistes mais 
vivement critiqué par le patronat.   
    "Tout ce qui pouvait aller dans le bon sens a sauté", a 
déclaré mardi Christian Jacob, le président du groupe Les 
Républicains (LR) à l'Assemblée nationale. "On a désormais une 
vraie loi anti-PME." 
    Pour le "patron" du groupe LR, aucun de ses députés ne peut 
voter un tel texte. "C'est un texte invraisemblable. On ne voit 
pas quelqu'un de droite normalement constitué le voter." 
    Même position d'hostilité à la réforme au groupe Front de 
gauche mais pour des raisons inverses. 
    "Ce sont des modifications à la marge qui ne changent rien 
fondamentalement. C'est un texte qui reste foncièrement 
régressif", a dit André Chassaigne (PC), le président du groupe. 
    Du côté du groupe UDI, on fait preuve de prudence. 
    "On pourrait dire 'circulez, il n'y a rien à voir'. Mais 
nous allons une fois de plus être fidèles à notre façon de 
fonctionner en faisant des contre-propositions", a dit Philippe 
Vigier, le président du groupe. 
     
    "ON EST EN TRAIN D'ARRIVER" 
    Il a ainsi confirmé que son groupe déposerait des 
amendements afin d'améliorer le texte.  
    Si le groupe des radicaux de gauche est majoritairement 
favorable à la réforme dans sa nouvelle version, les écologistes 
sont divisés entre aile réformiste et aile gauche. 
    "La loi aura une portée moindre, mais il faut en accepter le 
principe", a dit à Reuters François de Rugy, chef de file de la 
première école. "Je préfère une réforme de moindre ampleur mais 
qui permet de réformer que de rester droit dans mes bottes pour 
ensuite finir par tout abandonner." 
    Le groupe socialiste, qui s'est réuni mardi une nouvelle 
fois en présence de Manuel Valls et de sa ministre du Travail, 
Myriam El Khomri, au lendemain d'un séminaire à huis clos déjà 
consacré à cette réforme, est globalement satisfait à 
l'exception de quelques "frondeurs". 
    "On est sur dans la phase d'atterrissage avec un groupe qui 
est satisfait d'être entendu", a déclaré à Reuters Olivier 
Faure, porte-parole du PS et vice-président du groupe. 
    "Tous les grands points qui ont pu être soulevés sont 
aujourd'hui levés", a-t-il poursuivi. "Il y a encore le travail 
parlementaire qui va permettre d'achever les choses mais pour 
l'essentiel on est en train d'arriver", a-t-il conclu. 
    Face au tollé provoqué par plusieurs de ses dispositions, le 
gouvernement a décidé de reporter du 9 au 24 mars la 
présentation en conseil des ministres du projet de loi. 
    Le texte devrait être débattu fin mars-début mai en séance 
publique par les députés puis en juin par les sénateurs, 
l'objectif du gouvernement étant de le voir définitivement 
adopté par le Parlement en juillet lors d'une session 
extraordinaire du Parlement.  
 
 (Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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