France-Les procureurs s'alarment d'un manque de moyens

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    * Les procureurs de la République à bout 
    * Ils demandent à être reçus par Christiane Taubira 
 
    par Gérard Bon 
    PARIS, 18 décembre (Reuters) - Une large majorité des 
procureurs de la République appellent le gouvernement à se 
pencher sur la crise que traversent depuis des années les 
parquets de France et demandent à être reçus par la ministre de 
la Justice, Christiane Taubira. 
    Ils estiment que depuis leur précédent cri d'alarme en 2011, 
presque rien n'a été fait pour faire face à un manque de moyens 
humains, matériels et financiers, alors même que les missions de 
magistrats littéralement "au bout du rouleau" ne cessent de 
croître. 
    "Les parquets connaissent une véritable thrombose", a 
déclaré Thomas Pison, procureur de Nancy et président de la 
Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR), qui 
a le soutien de 130 magistrats sur 167. 
    "Quatre ans après, il y a une aggravation de la crise", a 
ajouté lors d'une conférence de presse Marc Cinamonti, procureur 
de Lyon, pour qui les magistrats "ont le sentiment de ne pas 
être entendus".  
    Les procureurs, en première ligne dans la lutte contre le 
terrorisme, insistent sur le manque de moyens, soulignant que 
les renforts annoncés par François Hollande après les attentats 
du 13 novembre ne seront pas opérationnels avant deux ans. 
    Selon eux, 6,58% des postes de magistrats du parquet ne sont 
pas pourvus et la France compte 2,9 magistrats du parquet pour 
100.000 habitants, contre 12 en moyenne en Europe. 
    La CNPR déplore également le manque d'assistance des 
magistrats le soir et le week-end (secrétariat, greffe, etc.), 
ainsi qu'un matériel bureautique désuet et inadapté. Les 
portables attribués en 2014 fonctionneraient mal.  
     
    "SOUFFRANCE AU TRAVAIL" 
    Le coût de la justice est de 61 euros par an et par 
Français, contre 114 euros en Allemagne, ajoute-t-elle dans son 
dossier de presse. 
    Parallèlement, les procureurs dénoncent "l'inflation" des 
missions qui leur sont dévolues à la suite des réformes 
multiples de la procédure pénale et de celle de l'application 
des peines. 
    "Ils doivent animer de plus en plus d'instances 
partenariales avec les élus, les préfets et les représentants de 
différents ministères", souligne Thomas Pison. 
    Cette situation se traduirait par une tension extrême au 
sein des parquets, qui sont "la colonne vertébrale du système" 
judiciaire. "L'éponge ne peut plus absorber et crée une 
souffrance réelle au travail", ajoute le magistrat. 
    Pour Nathalie Beccache, procureur à Créteil (Val-de-Marne), 
c'est un "crève-coeur" pour les magistrats de devoir afficher 
ainsi publiquement leurs conditions de travail déplorables. 
    "Il y a une crise de l'institution judiciaire, mais au 
parquet elle est plus sensible, plus aiguë".  
    En conséquence, la CNPR réclame des mesures concrètes, à 
commencer par le recentrage des parquets sur leurs missions de 
base, l'action publique, la direction de la police judiciaire et 
la garantie des libertés. 
    Elle demande également une remise à niveau des budgets "au 
regard des standards européens", en particulier pour renforcer 
l'assistance des magistrats. 
    Enfin, les procureurs réclament une évolution du statut des 
magistrats du parquet afin de "renforcer son indépendance".    
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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  • F083188 le vendredi 18 déc 2015 à 14:29

    Pourquoi manques t'ils de moyens ? Ce n'est peut être pas très étonnant, lorsque l'on sait que certains délinquants, peuvent cumuler 40 ou 50 mentions sur leur cahier judiciaire.En fait, l'on peut penser qu'ils s'auto alimentent ! en vue de périodes de pénurie.

  • M3471517 le vendredi 18 déc 2015 à 14:20

    La France est championne du monde des impôts et pourtant tout ceux qui dépendent de l'état manquent de moyens.