France-Les proches des victimes du 13 novembre reçues par les juges

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    * Un millier de victimes reçues sur 3 jours 
    * Un état des lieux de l'instruction 
    * Les victimes veulent être considérées 
    * Les rapports d'autopsie finalement versées au dossier 
 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 24 mai (Reuters) - Plus de six mois après les 
attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, les juges 
chargés de l'enquête reçoivent à partir de ce mardi un millier 
de proches des victimes.  
    Au programme de cette rencontre prévue sur trois après-midi 
- mardi pour les attaques aux abords du Stade de France et 
contre des terrasses parisiennes, mercredi et jeudi pour 
l'attaque contre le Bataclan - : un compte rendu de l'avancée de 
l'instruction, mais aussi un temps de questions-réponses. 
    Faute de capacité appropriée au palais de justice de Paris, 
c'est l'Ecole militaire, dans le VIIe arrondissement, qui 
accueille ce rendez-vous très attendu par les familles.  
    "La rencontre en elle-même est importante. Elle est 
symbolique", dit Samia Maktouf, qui représente 17 victimes. "La 
demande des familles, c'est d'abord qu'on les comprenne, qu'on 
les considère, qu'on les respecte." 
    Les proches des 130 morts et environ 350 blessés "attendent 
d'être reconnus avec un statut de victimes", dit encore Jean 
Reinhart, qui défend 75 parties civiles.  
    Mais ils espèrent aussi obtenir des réponses de la part des 
six magistrats instructeurs chargés du dossier, accompagnés pour 
ces rencontres de trois représentants du parquet.  
    "On aimerait que les juges nous disent si on a des chances 
de monter plus haut" dans la chaîne de responsabilités, 
jusqu'aux commanditaires, dit ainsi Gérard Chemla, qui 
représente entre 70 et 80 victimes.  
    Certaines parties civiles souhaitent également des 
précisions sur le chemin emprunté par les djihadistes présumés 
avant les attentats, et les suites judiciaires prévisibles.  
    Comment Abdelhamid Abaaoud, chef opérationnel présumé des 
attaques, a-t-il pu revenir le soir même sur "les scènes de 
crime" et ne pas être inquiété ?  ID:nL8N13J51R  
     
    DES QUESTIONS MAIS PAS FORCEMENT DE RÉPONSES 
    Où en est la coopération avec des pays détenteurs 
d'informations potentiellement cruciales pour l'enquête comme la 
Belgique, où ont grandi des membres du commando, ou encore la 
Grèce et la Turquie, pays par lesquels certains ont transité ? 
    Que sait-on du rôle de Fabien Clain, vétéran de l'islamisme 
soupçonné de se trouver en Syrie, et voix de la revendication, 
par l'Etat islamique, des attaques ?  ID:nL8N13J3Y6  
    "Sur le fond, des questions seront posées. Est-ce que nous 
aurons les réponses à nos questions? Ça n'est pas d'une 
nécessaire évidence", souligne toutefois Gérard Chemla.  
    "Les victimes sont en attente de vérité sur les 
circonstances de la mort de leurs proches", dit Samia Maktouf, 
qui se prépare à déposer une plainte en Belgique contre les 
"graves dysfonctionnements" des autorités belges dans la 
surveillance de deux des djihadistes présumés, mises en lumière 
d'après elle par un rapport confidentiel de la police des 
polices locale.  
    Surtout, estime l'avocat Jean Reinhart, "elles ont besoin de 
voir que le dossier est bien pris en main".  
    L'une des revendications des familles vient juste d'être 
comblée, apprend-on de sources proches du dossier : les rapports 
d'autopsie, qu'elles réclamaient jusque-là, viennent d'être 
versées à l'enquête, indique-t-on. "Une des questions qui 
revient très souvent, c'est est-ce que mon fils ou mon mari, ou 
mon frère a souffert?", souligne Samia Maktouf.  
    Vendredi, les familles des victimes du 13 novembre ont été 
confrontées aux difficultés d'une telle enquête : Salah 
Abdeslam, seul suspect-clef des attentats entre les mains de la 
justice française a refusé de répondre aux questions des juges, 
faisant valoir son droit au silence.  ID:nL5N18H14J  
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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