France-Les procédures de Total Petrochemicals sur la sellette

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    STRASBOURG, 29 février (Reuters) - Le tribunal correctionnel 
de Sarreguemines (Moselle) a tenté de voir clair, lundi, sur le 
mode opératoire prescrit par Total Petrochemicals pour rallumer, 
dans son usine de Carling, une installation dont l'explosion a 
fait deux morts et six blessés en juillet 2009. 
    L'accident vaut à la filiale pétrochimique de Total et à 
l'ancien directeur de l'usine, Claude Lebeau, d'être jugés pour 
homicides et blessures involontaires. 
    Les deux ouvriers décédés, dont l'un était en formation, 
tentaient de rallumer le surchauffeur, un four à gaz qui 
augmente la température de la vapeur utilisée pour craquer le 
naphta, dérivé pétrolier à partir duquel sont produits 
l'éthylène et le propylène. 
    "Il n'y a qu'une seule manière de rallumer le surchauffeur", 
a affirmé à la barre Claude Lebeau, aujourd'hui directeur de la 
zone Est-Europe de la branche raffinage-chimie de Total. 
    "Manifestement, ça n'avait été compris par aucun de vos 
employés", a ironisé le président, Philippe Schneider, citant 
les descriptifs divergents recueillis par l'inspection du 
travail dans un rapport rédigé après l'accident. 
    Selon l'inspection du travail, les opérateurs jugeaient le 
modus operandi officiel "incomplet et inopérant". 
    Seule certitude, l'opération était rare et les opérateurs 
n'avaient pas l'habitude d'y procéder. Elle n'avait eu lieu que 
quatre fois au cours des deux années précédents, selon l'ancien 
directeur. 
    Un salarié d'une entreprise sous-traitante chargée de 
travaux d'étanchéité est venu témoigner du stress qui régnait 
sur le site à cause de cette panne du seul vapocraqueur en 
activité, survenu la nuit du 13 au 14 juillet. 
    "Toutes les cinq minutes pendant lesquelles le vapocraqueur 
ne fonctionne pas, c'est une Mercedes qui part en fumée", lui 
aurait dit un responsable de l'usine, des propos contestés par 
ce dernier mais corroborés par d'autres témoignages. 
    Du fait de l'explosion, le vapocraqueur est resté à l'arrêt 
pendant huit mois. Il a été définitivement éteint au mois 
d'octobre dernier pour cause de recentrage du site sur des 
activités plus rentables. 
    "C'est un accident qui nous a tous touchés. Aujourd'hui 
encore, c'est une blessure que d'évoquer ces événements", a 
témoigné Claude Lebeau à l'ouverture des débats. 
    Le procès doit s'achever vendredi. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Simon Carraud) 
 
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