France-Les positions évoluent sur la loi Macron

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(Actualisé avec déclarations Macron) PARIS, 20 janvier (Reuters) - Les positions ont évolué sur le projet de loi Macron sur la croissance et l'activité, à tel point que le gouvernement devrait voir ce texte approuvé sans recours à des procédures contraignantes pour forcer sa majorité à le suivre. La commission spéciale mise en place à l'Assemblée pour examiner ce projet de loi et qui l'a adopté lundi dernier, a permis aux différents groupes politiques de se situer. En ce qui concerne le travail du dimanche, un des points les plus critiqués par une partie de la gauche, le gouvernement et la commission sont parvenus à un compromis. Le dispositif retenu par la commission spéciale supprime les cinq dimanches travaillés de plein droit proposés à l'origine et laisse le choix aux élus de fixer le nombre de dimanches "entre 0 et 12". Les autorisations seront débattues au niveau intercommunal au-delà de cinq dimanches. Si le Front de gauche dans son ensemble, une partie des "frondeurs" du PS et l'UMP dans son immense majorité restent hostiles au texte, les positions ont évolué à l'UDI (centriste) et au groupe écologiste. Les débats en séance publique, qui débutent le lundi 26 janvier, s'annoncent moins rudes que prévu. "Il y a eu des avancées, il y a eu une écoute (en commission) et il y a quelques désaccords mais un vote pour n'est pas exclu si nous obtenons satisfaction sur d'autres points en séance publique", a déclaré lundi Philippe Vigier, le président du groupe UDI, lors d'un point de presse. "LE RENARD DANS LE POULAILLER" Pour François de Rugy, le co-président du groupe écologiste, les "choses ont un peu évolué plutôt dans le bon sens". "On reste encore critique sur ce projet, on verra s'il évolue en séance publique", a-t-il dit à Reuters en faisant référence à l'adoption d'amendements présentés par son groupe. "Nous sommes aujourd'hui entre un vote contre et l'abstention." Le gouvernement peut en outre compter sur la majorité du groupe socialiste et sur celui des radicaux de gauche. Alain Tourret, député radical de gauche et membre de la commission spéciale, a estimé que le projet avait "beaucoup changé en commission" et promis l'appui de son groupe . Le Front de gauche y reste toutefois très opposé. "Ce texte, c'est un peu le renard dans le poulailler", a dit André Chassaigne, le président du groupe, parlant d'une "loi de régression extrêmement libérale". "Cette loi n'est pas à la hauteur des enjeux d'un pays frappé durablement par le chômage de masse", a dit Christian Paul, l'un des chefs de file des "frondeurs" du PS, qui a toutefois ajouté qu'avec ses amis ils arrêteraient leur position à l'issue de l'examen du texte en séance. A l'UMP, l'opposition reste franche, même si certains députés de ce parti pourraient s'abstenir ou même le voter, comme l'a répété à diverses reprises Frédéric Lefebvre. "Ce projet de loi ne fait pas baisser les impôts, ne fait pas baisser le chômage, ne fait pas baisser les charges des entreprises, ne fait pas baisser le coût du travail. Nous ne le voterons pas", a dit Christian Jacob, le président du groupe. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a estimé mardi qu'il avait eu une "première étape importante" faite en commission et souhaité que le travail soit complété. "J'ai vu que les parlementaires partageaient ma volonté d'avoir un texte plus riche, d'avoir un texte très concret, d'avoir un texte encore plus fort pour notre économie." (Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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