France-Les politiques saluent l'arrêt contre le tourisme social

le
0

PARIS, 12 novembre (Reuters) - La classe politique française a salué mercredi l'arrêt de la Cour de justice européenne contre le "tourisme social", une restriction à la libre-circulation rare dans le chef des juges de Luxembourg, en pleine montée des populismes en Europe. Dans son arrêt, la CJE a estimé mardi que les pays membres de l'Union européenne pouvaient refuser de verser des prestations sociales à des immigrants économiquement inactifs d'autres pays de l'UE qui ne se rendent sur leur territoire que dans le but de bénéficier de l'aide sociale ( ID:nL6N0T158S ). "Ce jugement me semble un jugement qui dit des choses justes", a estimé le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, sur France Info. "On ne peut pas venir uniquement dans un pays de l'Union pour bénéficier des prestations sociales, bien entendu il faut regarder ensuite les situations individuelles". A droite, l'arrêt a été salué comme allant dans le bon sens de la "préférence nationale" prônée par certains élus et mouvements europhobes et populistes. Cette décision "rappelle qu'on a tout à fait le droit de privilégier les résidents en France s'agissant des aides sociales et qu'on ne doit pas entrer en France et bénéficier d'aides sociales automatiquement", a dit le député et candidat à la présidence de l'UMP, Hervé Mariton, sur France 2. Dans un communiqué, le FN salue une décision qui "apporte la preuve que la priorité nationale aux aides sociales est possible et que si elle s'applique aux ressortissants de l'Union, elle s'applique donc et aussi à tous les étrangers non européens." "La Cour vient donc de valider un type bien précis de priorité nationale qui est une avancée dans un débat qui ne fait que s'ouvrir à un moment où la 'charge déraisonnable' du traitement social de l'immigration devient une évidence pour beaucoup", écrit le vice-président du FN, Louis Aliot. Bruno Le Roux a d'ailleurs mis en garde contre toute tentative de stigmatisation de certaines communautés au lendemain de la publication de l'arrêt. Prié de dire s'il s'agissait d'un "arrêt anti-Roms qui ne disait pas son nom", il a répondu : "Je demande à être très prudent sur l'analyse". "Je ne veux pas qu'il y ait la moindre stigmatisation, quand il y a aujourd'hui une communauté qui au sein de l'Europe vit aussi mal que peut vivre la communauté rom, rejetée de la société, je ne veux pas qu'une décision de justice apparaisse et soit appelée par certains comme la décision anti-Roms", a-t-il dit. "La seule façon de s'en sortir, c'est une harmonisation sociale qui permette dans tous les pays de l'UE d'avoir le nécessaire pour pouvoir subvenir à ses besoins et traiter les maladies et les problèmes que l'on peut avoir". (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant