France-Les policiers manifestent contre la "haine anti-flic"

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    * Les violences ont entraîné 350 blessés chez les policiers 
    * Manuel Valls apporte son soutien aux forces de l'ordre 
    * Les syndicats policiers divisés 
 
    PARIS, 18 mai (Reuters) - Des milliers de policiers 
manifestent mercredi à Paris et dans une cinquantaine de villes 
de province à l'appel d'Alliance, le premier syndicat de la 
profession rejoint par d'autres organisations, pour dénoncer la 
"haine anti-flic". 
    Les policiers se disent stigmatisés depuis le début des 
manifestations contre la loi Travail, émaillées de violences 
relayées sur internet qui ont fait 350 blessés dans leurs rangs, 
loin des embrassades qui ont suivi les attentats de Paris.  
    Le choix de la place de la République pour la manifestation 
parisienne est fortement symbolique : plusieurs fois, les 
rassemblements du mouvement "Nuit debout" se sont terminés par 
des affrontements avec la police. 
    Selon un sondage pour Le Parisien, paru mercredi, 91% des 
Français disent comprendre et soutenir les policiers. 
    Le gouvernement, qui dit afficher un soutien sans faille aux 
forces de l'ordre, a débloqué plusieurs centaines de millions 
d'euros en leur faveur depuis les attentats. 
    "Policiers et gendarmes protègent chaque jour citoyens et 
institutions. S'en prendre à eux, c'est s'attaquer à nous tous. 
#AvecNosPoliciers", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls 
sur Twitter au début des manifestations. 
    Alliance a cependant critiqué à plusieurs reprises les 
consignes du gouvernement, jugeant que le délai d'intervention 
face aux casseurs était trop long.   
    Plusieurs plaintes pour violences ont été déposées contre 
des policiers et des responsables de gauche ont accusé le 
gouvernement d'avoir laissé s'organiser des tensions afin de 
décrédibiliser le mouvement. 
     
    CONTRE-MANIFESTATION INTERDITE 
    Deux affiches de la CGT contre la "répression policière" ont 
exacerbé la rancoeur des syndicats de police.   
    A Paris, la contre-manifestation du collectif "Urgence, 
notre police assassine", qui devait se tenir peu avant celle des 
syndicats de policiers, a été interdite dans la matinée par la 
préfecture de police. 
    Une centaine de manifestants de ce collectif se sont 
néanmoins rassemblés aux abords de la place et ont été tenus à 
distance par un cordon de CRS. 
    Le rassemblement des policiers a lieu dans une certaine 
désunion, car Unité police SGP-FO, second syndicat de gardiens 
de la paix, a été empêché de manifester place de la République 
par la préfecture de police.  
    En conséquence, le syndicat Alternative CFDT a décidé de ne 
pas y participer officiellement, jugeant que le 18 mai devrait 
être "un rassemblement général qui appartient à tous les 
policiers". 
    "Nos collègues n'en peuvent plus, tiraillés entre leurs 
multiples missions comme la gestion des migrants à Calais ou la 
prévention du terrorisme", a déclaré Alliance. "A cela il faut 
ajouter les manifestations avec leur lot de casseurs". 
    Pour Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Syndicat des 
cadres de la sécurité intérieure (SCSI), "la liberté de 
manifester est fondamentale pour notre démocratie". "Mais elle 
ne doit pas permettre de laisser impunément une minorité 
d'extrémistes violer les lois de la République".  
    "La 'sur-visibilité' médiatique donnée à quelques dérapages 
isolés a rapidement permis à l'ultragauche de surfer sur l'une 
de ses thématiques favorites: les violences policières, sources 
de tous les maux !", déplore le Syndicat des commissaires de la 
police nationale. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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