France-Les pôles de compétitivité bons pour la R&D

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    * 71 pôles de compétitivité sur l'ensemble du territoire 
français 
    * Evaluations de cette politique en cours 
    * Emmanuel Macron présentera une réforme en juin 
 
    PARIS, 4 mars (Reuters) - L'appartenance à un pôle de 
compétitivité a un effet positif en termes de recherche et 
développement (R&D) pour les entreprises, mais n'exerce pas 
d'impact manifeste sur leurs performances, selon une étude 
diffusée jeudi par France Stratégie.  
    Présentée comme une "note de travail" provisoire par 
l'organisme de réflexion et d'expertise rattaché aux services du 
Premier ministre, cette analyse portant sur la période 2006-2012 
a été rendue publique à l'occasion d'une journée célébrant les 
dix ans des pôles de compétitivité au ministère de l'Economie.  
    Ce dispositif, qui compte 71 pôles aujourd'hui en France, 
consiste à articuler sur un territoire donné et autour d'un 
thème spécifique des PME et des grandes entreprises, des 
laboratoires de recherche et des établissements de formation.    
    Les résultats de l'étude mettent en évidence un effet de 
levier des aides publiques sur les dépenses de R&D des 
entreprises membres, avec un impact positif sur l'emploi dans ce 
secteur ainsi que sur le nombre de brevets déposés. 
    En 2012, par rapport à une société non inscrite dans ce type 
de dispositif, une entreprise comparable appartenant à un pôle 
employait en moyenne 6,5 chercheurs de plus et avait déposé deux 
brevets de plus.           
    Cet effet positif s'est manifesté rapidement pour les PME, 
et de façon plus tardive mais plus importante pour les ETI et 
les grandes entreprises, qui ne bénéficient pas de financements 
publics supplémentaires lorsqu'elles appartiennent à un pôle. 
     
    LA RÉFORME PRÉSENTÉE EN JUIN 
    En revanche, sur la période étudiée, l'inscription dans un 
pôle n'a pas semblé exercer d'effet mesurable sur l'activité des 
entreprises, qu'il s'agisse de l'emploi total, de 
l'investissement, du chiffre d'affaires ou de la productivité.   
  
    Les auteurs de l'étude soulignent cependant que les pôles ne 
se sont vu fixer comme objectif de s'orienter davantage vers les 
débouchés économiques et l'emploi qu'à partir de 2013, soit pour 
une période non prise en compte dans l'étude.  
    En dix ans, les pôles de compétitivité ont porté 1.600 
projets collaboratifs de recherche représentant un montant total 
de dépenses de R&D de près de 6,8 milliards d'euros cofinancés 
par les entreprises et l'Etat via un fonds dédié (24%) et les 
collectivités locales (16 %), a rappelé jeudi Emmanuel Macron.  
    L'étude de France Stratégie, qui sera complétée par d'autres 
travaux, s'inscrit dans le cadre de l'évaluation du dispositif. 
    Le ministre de l'Economie a précisé jeudi que les résultats 
de ces analyses serviraient de fondement à la réforme des pôles 
de compétitivité qui devrait être présentée en juin.  
    "Les pôles ont fait leurs preuves, nous devons les renforcer 
et nous devons, en même temps, tirer les conséquences de tous 
ces enseignements", a-t-il déclaré. 
    La réforme des pôles de compétitivité, annoncée le 4 janvier 
dernier par Emmanuel Macron en conseil des ministres, vise à 
faire évoluer le système pour l'articuler avec la politique de 
la "nouvelle France industrielle" et l'adapter au nouveau 
découpage régional.     
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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