France-Les partisans du barrage de Sivens se mobilisent samedi

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* Les partisans du barrage réclament le respect des décisions * Des experts envisagent des alternatives par Johanna Decorse TOULOUSE, 14 novembre (Reuters) - Les partisans du projet de barrage controversé de Sivens, dans le Tarn, feront pour la première fois samedi entendre leur voix dans la rue après avoir laissé le champ libre aux opposants endeuillés par la mort d'un jeune opposant. A l'appel de Tarn Ruralité, un collectif qui regroupe les fédérations départementales des pêcheurs, des chasseurs, la chambre d'agriculture et la FDSEA du Tarn, plusieurs institutions, dont la chambre de commerce et d'industrie du Tarn, les jeunes agriculteurs du département, des élus locaux ou encore des associations de riverains, le défilé d'Albi a pour but de demander le retour de "l'ordre républicain" sur le site. Les organisateurs de ce rassemblement entendent réunir "la majorité silencieuse prise en otage par les opposants au projet de barrage" et attendent au minimum 2.000 personnes. "Nous voulons dénoncer les incivilités et la violence qui ont pour origine la contestation et qu'on nous laisse décider de notre avenir en respectant les décisions de nos élus", a déclaré à Reuters Philippe Bardy, directeur de la FDSEA du Tarn. Les travaux de la retenue ont été suspendus pour une durée indéterminée le 31 octobre dernier par le conseil général du Tarn, après la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, tué par une grenade lancée par les gendarmes. Depuis, deux rassemblements organisés en sa mémoire à Toulouse ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l'ordre. Sur le site du chantier, les opposants au projet ont renforcé l'occupation de la "zone à défendre" du Testet en installant de nouveaux campements. A l'issue d'une réunion le 4 novembre avec toutes les parties prenantes du dossier, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal avait annoncé qu'une solution alternative au projet de barrage serait trouvée avant la fin de l'année. En quête d'un compromis, la ministre a évoqué deux alternatives, soit "le recalibrage du barrage actuel" destiné à retenir 1,5 million de mètres cubes d'eau soit "des retenues de substitution plus en aval dans la vallée". MANQUE D'EAU Après la publication d'un rapport d'experts qui a qualifié de "médiocre" le projet de barrage et prôné moins d'eau pour l'irrigation des terres agricole et davantage pour la régulation de la rivière, le conseil général du Tarn s'en est remis à l'État pour "mettre en œuvre leurs préconisations". Deux experts ont animé jeudi à Albi la première réunion d'un "groupe de travail" composé de partisans et d'opposants au barrage pour trouver une issue au dossier Sivens, la décision finale revenant au conseil général du Tarn. Les écologistes réclament toujours l'abandon pur et simple du barrage et jugent les mesures pour compenser la perte de 13 hectares de biodiversité "insuffisantes". De leur côté, les élus du conseil général du Tarn qui ont voté pour cet ouvrage de 8,4 millions d'euros le jugent "indispensable" pour l'irrigation des terres agricoles et le soutien d'étiage du Tescou, la rivière locale. Le député PS du Tarn, Jacques Valax, qui défilera samedi à Albi, a menacé de démissionner de son mandat de conseiller général si le barrage n'était pas construit. Sur les rives du Tescou, un cours d'eau le long duquel dominent des exploitations de type familial, la plupart des agriculteurs défendent aussi ardemment le projet. "Les restrictions pour le pompage dans le Tescou commencent dès la fin juin. Certaines années, le manque d'eau menace carrément notre activité et nous oblige à acheter tout le fourrage. Pour nous, la retenue de Sivens est devenue une question de survie", dit Stéphane Lamberto, éleveur de bovins. De son côté, l'association Vie eau Tescou qui regroupe plusieurs agriculteurs, pêcheurs et habitants de la vallée, dénonce "l'instrumentalisation d'un projet de territoire à des fins politiques" et le "climat menaçant et violent qui règne depuis plus d'un an sur la zone". "Certaines personnes ne peuvent plus accéder à leurs terres. Va-t-on attendre que toute la vallée soit soumise à une milice d'occupation ? C'est inadmissible dans un Etat de droit", s'indigne Pascale Puibasset, sa secrétaire générale. (Edité par Yves Clarisse)

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  • M7361806 le vendredi 14 nov 2014 à 14:17

    PROFITEZ il va faire beau et on y rigole ! surtout s'il y a la gendarmerie