France-Les opposants à l'état d'urgence appelés à manifester

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    * Rassemblements dans plusieurs dizaines de villes en France 
    * Deux collectifs réclament la levée immédiate de l'état 
d'urgence 
    * La prolongation examinée mercredi en conseil des ministres 
 
    PARIS, 30 janvier (Reuters) - Les opposants à la 
prolongation de l'état d'urgence et à son inscription dans la 
Constitution sont appelés à manifester ce samedi à Paris et dans 
plusieurs dizaines de villes de France à quelques jours de 
l'examen du projet de loi en conseil des ministres. 
    A Paris, la manifestation débutera place de la République, à 
14h30. D'autres rassemblements à l'appel des collectifs "Nous ne 
céderons pas" et "Stop état d'urgence", sont également prévus 
dans quelque 70 villes dont Lyon, Toulouse, Lille, Marseille ou 
encore Strasbourg.  
    Décrété par François Hollande dans la foulée des attentats 
du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, l'état d'urgence a été 
prolongé une première fois de trois mois et l'exécutif a annoncé 
son intention de le proroger une nouvelle fois au-delà du 26 
février. 
    Un projet de loi en ce sens doit être présenté mercredi en 
conseil des ministres avant d'être examiné en séance publique 
par les sénateurs le 9 février puis par les députés le 16 
février.  
    Ce dispositif, prévu à l'origine par une loi de 1955, permet 
notamment de mener des perquisitions administratives ou de 
prononcer des assignations à résidence sans accord préalable 
d'un juge, des mesures jugées dangereuses pour les associations 
de défense des droits de l'homme.   
    "L'état d'urgence conduit à des décisions arbitraires, des 
dérives autoritaires", écrit le collectif "Nous ne céderons pas" 
dans un communiqué.  
    "Depuis novembre 2015, plus de trois mille perquisitions 
sont intervenues. Tout comme les assignations à résidence, elles 
ont donné lieu à de nombreux dérapages, à un accroissement des 
discriminations à l'égard de populations déjà stigmatisées en 
raison de leur origine et/ou leur religion supposée ou réelle." 
     
    PREOCCUPATION 
    Face à ce constat, les deux collectifs, qui réunissent 
syndicats, associations et organisations de défense des droits 
de l'homme, réclament la levée immédiate de l'état d'urgence et 
l'abandon de la réforme constitutionnelle.      
    "Inscrire l'état d'urgence dans la Constitution, c'est 
graver dans le marbre ce régime d'exception qui permet l'action 
des forces de sécurité sans contrôle du juge. C'est habituer les 
citoyen-ne-s à un état d'exception", écrivent-ils.  
    "Nous affirmons qu'il est nécessaire et possible que l'Etat 
protège les habitants face au terrorisme, sans remettre en cause 
les droits et les libertés", peut-on lire. "Ne donnons pas 
satisfaction aux terroristes qui cherchent justement à nous 
faire renoncer à notre vie démocratique."   
    Saisi en référé par le Ligue des droits de l'homme, le 
Conseil d'Etat a refusé mercredi de suspendre l'état d'urgence, 
estimant notamment que le péril imminent justifiant sa mise en 
oeuvre n'avait pas disparu. 
    L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe s'est, 
elle, déclarée préoccupée par la prolongation du dispositif en 
France, relayant les alertes déjà lancées par le commissaire aux 
droits de l'Homme et le secrétaire général de l'organisation. 
 
 (Marine Pennetier, édité par Jean-Philippe Lefief) 
 
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