France-Les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes déboutés

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    * La cour prend le contre-pied de son rapporteur public 
    * Elle juge "faible" l'impact sur la qualité de l'eau 
    * Les opposants n'abandonnent pas le combat 
    * Valls s'estime conforté dans sa détermination 
    * L'évacuation de la "Zad" pourrait débuter bientôt 
 
 (Actualisé avec réactions) 
    par Guillaume Frouin 
    NANTES, 14 novembre (Reuters) - La cour administrative 
d'appel de Nantes a donné tort lundi aux opposants au projet 
d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) en 
validant les arrêtés préfectoraux indispensables à la 
construction de cet équipement controversé. 
    Les opposants à l'aéroport dont Vinci  SGEF.PA  sera le 
concessionnaire, qui n'entendent pas abandonner le combat, ont 
désormais deux mois pour déposer un recours devant le Conseil 
d'Etat, la plus haute juridiction administrative française. 
    Le Premier ministre Manuel Valls a immédiatement réaffirmé 
sa détermination à le construire, même si sa ministre de 
l'Environnement, Ségolène Royal, l'a contredit à plusieurs 
reprises ces dernières semaines.   
    Ce jugement "conforte la détermination du gouvernement à 
mettre en œuvre le projet et à respecter le choix que les 
habitants ont exprimé lors de la consultation locale", a-t-il 
déclaré dans un communiqué qui porte son nom. "Le gouvernement 
appelle chacun à en faire de même." 
    La "zone à défendre" (Zad) occupée par les opposants au 
projet qui redoutent ses conséquences environnementales pourrait 
donc bientôt être évacuée, avec le risque d'affrontements avec 
les forces de l'ordre que cela implique en pleine campagne pour 
l'élection présidentielle.   
    L'arrêt des juges nantais prend le contre-pied du rapporteur 
public, qui avait estimé lundi dernier à l'audience que le 
réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes constituait une 
"alternative avérée" à son transfert à Notre-Dame-des-Landes. 
    Les juges ont tout d'abord validé la déclaration d'utilité 
publique des aménagements routiers locaux, qui constituent bien 
selon eux "un programme distinct" du projet d'aéroport.  
    La cour administrative d'appel de Nantes a par ailleurs 
estimé que l'impact du projet sur la qualité des eaux serait 
"faible", contrairement aux dires des opposants. 
    "Les risques (...) liés à l'utilisation de produits utilisés 
lors des opérations hivernales de dégivrage des avions ou de 
déverglaçage des pistes ne sont pas établis", disent-ils. 
     
    UN "INTÉRÊT PUBLIC MAJEUR" 
    Le réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes ne constitue 
pas, par ailleurs, une "alternative avérée" à son transfert à 
Notre-Dame-des-Landes, "compte tenu des travaux très importants 
devant être effectués en vue de faire face à l'augmentation du 
trafic et du nombre de passagers". 
    Les juges nantais considèrent encore que le projet 
d'aéroport, à la date des arrêtés préfectoraux attaqués, 
présentait bel et bien un "intérêt public majeur".  
    "La création de l'aéroport vise à favoriser le développement 
économique du Grand Ouest, à améliorer l'aménagement du 
territoire et à développer les liaisons aériennes nationales et 
internationales, tout en réduisant les nuisances sonores subies 
par la population de l'agglomération nantaise", estime-t-elle. 
    Lors de l'audience, le 7 septembre, le rapporteur public 
avait simplement suggéré de valider la déclaration d'utilité 
publique des aménagements routiers locaux, mais "plus par 
discipline" avec la jurisprudence du Conseil d'Etat "que par 
conviction" : ces travaux auraient pourtant dû être intégrés au 
projet global d'aéroport, selon elle, alors qu'il a été 
délibérément "saucissonné", d'après les opposants. 
    Christine Piltant avait aussi fait observer qu'entre "13 et 
27 tonnes" de sel allaient être déversées chaque année sur les 
pistes de l'aéroport pour les déverglacer, alors que la qualité 
des eaux de trois bassins versants concernés est déjà considérée 
comme "mauvaise" ou "médiocre" par les autorités locales. 
     
    "LA MESSE EST DITE" 
    Le rapporteur public estimait surtout que le réaménagement 
de l'actuel aéroport de Nantes constitue "une alternative non 
seulement avérée mais satisfaisante" à la construction du projet 
de Notre-Dame-des-Landes, même s'il n'a qu'une piste. 
    Genève (Suisse), Stuttgart (Allemagne) ou encore San Diego 
(Etats-Unis) ne disposent que d'une piste, avait-elle dit. 
    "La messe est dite, c'est maintenant au gouvernement de 
faire son travail et de lancer les travaux", s'est réjoui à 
l'issue de l'audience Alain Mustière, président des "Ailes pour 
l'Ouest", la principale association de partisans du projet. 
    "Aujourd'hui, ce n'est pas une victoire, il n'y a pas de 
perdants, mais simplement un projet qui avance." 
    Les opposants au projet se sont déclarés déçus et ont 
annoncé un probable recours devant le Conseil d'Etat. 
    Julien Durand, l'un des porte-paroles de l'Acipa, l'une des 
principales associations d'opposants, a regretté "la lecture un 
peu politique" du dossier par les magistrats nantais, alors que 
la rapporteur public en avait fait une "lecture technique". 
    Le candidat écologiste à l'élection présidentielle, Yannick 
Jadot, a déploré une décision prises "contre tous les usages". 
    "Moi, je en peux pas déconnecter ce cas rarissime (où la 
cour contredit son rapporteur-NDLR) de toutes ces pressions 
politiques permanentes qu'il y a autour de ce projet, de cette 
folie à vouloir poursuivre un projet absurde et destructeur", 
a-t-il déclaré devant la presse. 
     
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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