France-Les offres de reprise d'AIM supprimeraient 400 emplois

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RENNES, 19 février (Reuters) - Quatre offres de reprise du groupe d'abattage AIM, qui préserveraient dans le meilleur des cas 188 salariés sur 600, ont été retenues par le tribunal de commerce de Coutances (Manche), un jour après la date limite de dépôt des dossiers. "Je suis abasourdi, c'est le pire des scénarios qu'on pouvait imaginer, avec 70% de l'emploi qui disparaît, c'est une catastrophe", a déclaré à Reuters Jean-François Monnereau, délégué CFDT, après avoir eu connaissance des offres jeudi. Les Abattoirs Industriels de la Manche (AIM), qui connaissent depuis plusieurs mois des problèmes de trésorerie, ont été placés en redressement judiciaire en janvier dernier. Une première offre a été formulée par la société Abéra, filiale de Sofiprotéol, pour l'abattoir de porcs de Sainte-Cécile (Manche), principale unité du groupe et dernier abattoir de porcs de Normandie, qui conserverait 118 salariés sur plus de 400 aujourd'hui, a t-on précisé de source syndicale. Seules les activités de découpe et de salaison seraient conservées, l'abattage étant transféré à Saint-Brice en Coglès (Ille-et-Vilaine). Une autre offre aurait été déposée pour le site de Sainte-Cécile par la société Declos-Mesnil, avec la reprise de 70 salariés seulement. L'abattoir Yves Fantou de Dol de Bretagne (Ille-et-Vilaine) se propose de son côté de reprendre le site d'abattage de bovins AIM d'Antrain (Ille-et-Vilaine) en gardant 110 emplois sur les 179 que compte cette unité. Une deuxième offre pour le site d'Antrain, déposée par la société Montfort-viandes, un abattoir du Faouët (Morbihan) ne conserverait que 70 salariés. Jeudi, les salariés de l'abattoir de Sainte-Cécile se sont mis en grève et ont bloqué le site pour protester contre ces offres de reprises jugées insuffisantes. Les difficultés d'AIM, qui n'avait pas pu payer ses salariés en décembre, seraient dues principalement à "la guerre des prix" menée dans la grande distribution, à la concurrence des produits allemands et espagnols à bas coûts et à l'embargo sur la Russie, explique la direction. Les représentants syndicaux dénoncent de leur côté des erreurs dans la gestion du groupe, détenu à 64% par Cap 50, une coopérative d'éleveurs. Une prochaine audience devant le tribunal de commerce de Coutances sera chargée d'examiner dans les prochains jours les différentes offres de reprise du groupe. (Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)

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