France-Les intermittents menacent d'ouvrir un nouveau front

le
1
    * Objectif : 105 à 185 millions d'euros d'économies par an 
    * La CGT-spectacles juge probable un nouveau bras de fer 
    * Le gouvernement pourrait être sollicité financièrement 
 
    PARIS, 25 avril (Reuters) - Les négociations sur le régime 
spécifique d'assurance chômage des intermittents du spectacle et 
de l'audiovisuel, entrées lundi dans leur dernière ligne droite, 
menacent de constituer un nouvel abcès de fixation de la grogne 
sociale en France. 
    Plusieurs dizaines d'intermittents occupent depuis dimanche 
soir le théâtre de l'Odéon, au coeur de Paris, pour protester 
contre le principal objet de ces négociations : réduire les 
dépenses d'un système qui contribue à hauteur d'un milliard 
d'euros au déficit du régime général de l'assurance chômage. 
    "De l'argent, il y en a, construisons de nouveaux droits", 
proclame une banderole qui barre le fronton de l'Odéon. 
    Les représentants de la profession, salariés et employeurs, 
se sont pour leur part retrouvés lundi matin au ministère du 
Travail pour des discussions à l'issue incertaine censées 
aboutir avant jeudi. 
    Medef, CGPME et Union professionnelle artisanale côté 
patronal, CFDT, CFTC et CFE-CGC côté syndical, se sont accordés 
le 24 mars au niveau interprofessionnel sur un document de 
cadrage, rejeté par la CGT et Force ouvrière (FO).  
    Ce document demande aux organisations représentant les 
artistes et les techniciens, ainsi que leurs employeurs, de 
s'entendre sur des règles spécifiques d'indemnisation qui, "a 
minima, ne conduisent pas à augmenter l'écart entre celles-ci et 
les règles d'indemnisation du régime de droit commun". 
    Il fixe à au moins 105 millions d'euros par an les économies 
à faire par le régime des intermittents si l'Etat accepte de 
mettre la main à la poche, 185 millions dans le cas contraire.  
    S'il y a accord au niveau de la profession, il devra encore 
être validé à l'échelon interprofessionnel par les organisations 
patronales et syndicales gestionnaires de l'assurance chômage, 
qui devront vérifier sa conformité au document de cadrage. 
     
    CLIMAT TROUBLÉ 
    Mais pour le secrétaire général de la CGT-Spectacle, Denis 
Gravouil, il n'y a aucune chance qu'un accord, si accord il y a, 
respecte la contrainte d'économies fixée. 
    "Personne, même pas les employeurs, ne veut entrer dans le 
cadre des 185 millions, donc de toute façon on ne respectera pas 
la lettre de cadrage", a-t-il déclaré à Reuters. 
    "Ça sera au gouvernement de prendre ses responsabilités et, 
de toute façon, il y aura un nouveau bras de fer avec le Medef 
et le gouvernement", a-t-il ajouté. 
    Avec le risque de voir les festivals d'été de nouveau 
perturbés, une perspective dont jouent traditionnellement les 
intermittents du spectacle pour faire pression sur leurs 
employeurs et les pouvoirs publics. 
    Sans aller jusque-là, le secrétaire national de la CFDT 
Culture, René Fontanarava, jugeait lundi à la mi-journée les 
négociateurs encore loin d'un accord. 
    S'il se place pour sa part dans la perspective d'une 
réduction des dépenses de 105 millions d'euros par an, il 
insiste également sur la nécessité d'apporter des améliorations 
au régime des intermittents, notamment pour les plus précaires. 
    Les négociations générales sur le renouvellement de la 
convention d'assurance chômage reprennent jeudi au siège du 
Medef dans un climat troublé à la fois par un niveau de chômage 
record et les soubresauts du débat sur le projet gouvernemental 
de réforme du Code du travail. 
    Le Medef et la CGPME ont ainsi menacé de se retirer de ces 
négociations, le premier s'il n'obtenait pas le rétablissement 
du projet de loi Travail dans sa version initiale, la seconde si 
le gouvernement persistait dans sa volonté de surtaxer les 
contrats de travail à durée déterminée. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M999141 il y a 8 mois

    Erreur dans le titre de l'AFP, ce n'est pas le gouvernement qui sera sollicité pour faire perdurer la gabegie des intermittents, c'est les contribuables et les travailleurs du régime général.