France-Les gestionnaires du Bataclan espèrent rouvrir fin 2016

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    * Des questions sur l'avenir de la salle 
    * Quatre-vingt-dix personnes y ont été tuées le 13 novembre 
    * D'autres établissements s'apprêtent à rouvrir 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 2 décembre (Reuters) - Les gestionnaires de la salle 
de spectacles du Bataclan, où 90 personnes ont été tuées lors 
des attaques du 13 novembre, disent vouloir rouvrir dans un an, 
au terme d'un "long chemin de croix", mais le souvenir de la 
tuerie plane encore sur le lieu. 
    Les gérants de plusieurs établissements -- bars et 
restaurants -- frappés le mois dernier ont fait part via les 
réseaux sociaux et la presse de leur souhait de reprendre leur 
activité au plus vite. 
    Dans une interview publiée mercredi par Le Monde, Jules 
Frutos et Olivier Poubelle s'interrogent en revanche sur 
l'avenir du Bataclan, qu'ils dirigent depuis 2004 et dont ils 
sont actionnaires à hauteur de 30 %, le reste appartenant à 
Lagardère Unlimited Live Entertainment. 
    "Les équipes veulent une reconstruction, les artistes aussi. 
On en parle beaucoup. Il y a un désir de Bataclan et de 
retrouvailles", dit Jules Frutos. "Mais ce sera un long chemin 
de croix." 
    "Beaucoup de questions se posent. Quelle salle rouvrir ? Que 
faire du hall ? Quelle configuration ? Quelle couleur ? Quelle 
circulation ? Quels accès ? Quels artistes ?", ajoute-t-il. 
    Le Bataclan semble figé depuis les attentats: les badauds 
continuent de s'y rendre comme en pèlerinage, le boulevard 
Voltaire tient lieu de mémorial où flotte une odeur de bougie et 
on peut encore voir des impacts de balles dans la rue qui longe 
les sorties de secours. 
    Pour Olivier Poubelle, le retour à la normale, au moins en 
apparence, constitue un "besoin".  
    "Sur Facebook, des milliers de témoignages nous appellent à 
rouvrir. La reconstruction, c'est un objectif qui nous aide à 
tenir", estime-t-il. "Nous espérons vivement (rouvrir, NDLR) à 
la fin 2016." 
     
    CONCERT INTERROMPU 
    Emilie, une habituée du Bataclan rencontrée mercredi devant 
la salle, est partagée entre le sentiment qu'il faudra y 
revenir, pour faire "comme avant" dit-elle, et l'appréhension. 
    "Je ne sais pas ce que je ferai", juge la jeune femme. "Au 
moins au début, on aura forcément des images qui se bousculeront 
dans la tête. Ce n'est pas facile à dire maintenant, il faut que 
le temps fasse son travail."   
    Les deux programmateurs expliquent avoir décliné une 
proposition du ministère de la Culture d'organiser un concert en 
hommage aux victimes pour éviter, selon Jules Frutos, "la mise 
en spectacle de ces attentats, qui est déjà assez forte comme 
ça". 
    La batteur du groupe Eagles of Death Metal, qui jouait au 
Bataclan le soir des attentats, s'est récemment déclaré, sur 
l'application de partage de photos Instagram, impatient d'y 
finir le concert interrompu par l'irruption dans la salle de 
trois assaillants armés de fusils d'assaut. 
    Le nom du groupe apparaît encore en grosses lettres sur la 
façade bariolée. 
    Le café Bonne bière, dans le XIe arrondissement, a prévu 
d'ouvrir dès ce vendredi. "Il est temps pour nous de nous 
retrouver ensemble, unis et d'avancer pour ne pas oublier", 
peut-on lire sur le compte Facebook de l'établissement. 
    En attendant, les travaux se poursuivent dans le bar. 
    Les gérants du restaurant le Petit Cambodge et du Carillon, 
deux établissements du Xe arrondissement qui se font face, 
envisagent également une réouverture prochaine, mais n'ont pas 
donné de date précise. 
    Les attaques revendiquées par le groupe Etat islamique (EI) 
ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés aux abords 
du Stade de France (Seine-Saint-Denis), devant des cafés et des 
restaurants de l'Est parisien et au Bataclan. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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