France-Les "frondeurs" du PS en quête d'une motion de censure

le , mis à jour à 12:58
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 (Actualisé avec réunion des frondeurs) 
    PARIS, 11 mai (Reuters) - Les frondeurs du Parti socialiste 
sont convenus mercredi de tout faire pour réunir le nombre de 
voix nécessaire au dépôt d'une motion de censure de gauche 
contre le gouvernement et le projet de loi Travail mais ont 
exclu de voter la motion de la droite. 
    "Nous recherchons toutes les possibilités pour déposer une 
motion de censure des gauches et des écologistes", a dit leur 
chef de file, Christian Paul, à l'issue d'une réunion des 
contestataires peu avant l'heure-limite (16H35) pour le dépôt de 
ce texte qui serait mis aux voix jeudi. 
    Ces propos signifient toutefois que le compte n'y est pas 
encore, les signatures de 58 députés étant requises. Selon des 
parlementaires, ce seuil ne pourra pas être atteint. 
    Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, a 
annoncé que ceux qui voteraient une motion de censure seraient 
exclus du groupe et du Parti socialiste. 
    Les frondeurs sont outrés par la décision du Premier 
ministre, Manuel Valls, d'engager la responsabilité du 
gouvernement sur le projet de loi réformant le marché du 
travail, faute d'avoir pu convaincre la quarantaine de 
contestataires du PS de le voter. 
    Cette procédure exceptionnelle prévue par l'article 49-3 de 
la Constitution permet à un texte d'être réputé adopté s'il 
n'est pas sanctionné par une motion de censure. 
    Christian Paul a dénoncé "la violence démocratique qui s'est 
exercée hier avec le recours à l'article 49-3 (et) la violence 
que représente pour les salariés français la perspective d'une 
loi de travail qui affaiblirait les protections dont ils 
disposent depuis des années grâce au Code du travail".  
    Le chef de file du groupe Front de Gauche, le député 
communiste André Chassaigne, et l'écologiste Noël Mamère ont 
déclaré hier que leurs amis politiques réfléchissaient à une 
motion de censure de gauche avec des élus socialistes. 
    A droite, le groupe Les Républicains en association et celui 
de l'UDI (centriste) ont déposé leur propre motion de censure, 
qui sera soumise jeudi au vote. 
    Christian Paul a cependant exclu que les frondeurs votent la 
motion de la droite.  
    "Ce serait une sorte de confusion de joindre nos voix à 
celles des groupes de la droite parce que nous avons 
parfaitement conscience que les programmes qui se préparent à 
droite en ce moment rêvent de faire encore plus mal que la loi 
travail", a expliqué Christian Paul. 
    Pour qu'une motion de censure soit votée, ce qui aboutit au 
renversement du gouvernement mais n'est arrivé qu'une fois sous 
la Ve République, en 1962, il faut 289 voix. 
    La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a pour sa part 
déclaré ne pas concevoir que des députés PS puissent "dérouler 
le tapis rouge" à la droite en votant une motion de censure.  
    "Je n'aurais jamais porté une loi qui serait une loi de 
régression pour les salariés", a-t-elle dit à la sortie du 
conseil des ministres en dénonçant les "leçons de gauche" venant 
d'une "gauche qui se dit pure et authentique, alors même que ce 
projet de loi (...) n'est absolument pas une casse sociale".  
 
 (Emmanuel Jarry et Emile Picy, avec Elizabeth Pineau, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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