France-Les ex-Fralib dévoilent "1336", leur marque de thé

le , mis à jour à 16:24
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MARSEILLE, 26 mai (Reuters) - Les salariés de l'ex-usine Fralib ont annoncé mardi la création de leur propre marque de thés et d'infusions, "1336", en référence au nombre de jours de lutte passés à s'opposer au géant anglo-néerlandais de l'agroalimentaire Unilever. L'usine de Gémenos, près de Marseille, a été le seul site de fabrication en France des thés Lipton et des infusions Eléphant, une marque créée en 1896 à Marseille, avant sa fermeture en 2012 et le licenciement des 182 salariés. Au terme de 1.336 jours d'occupation des locaux par 77 salariés, ces derniers ont fini par arracher en mai 2014 près de 20 millions d'euros sous forme d'indemnités de licenciement ou encore pour le rachat des machines. "La création de la marque 1336 est le point final de cette longue lutte, mais c'est aussi le démarrage de nouvelles aventures", a dit mardi Gérard Cazorla, ex-délégué syndical devenu président de la structure coopérative appelée "ScopTi". Les sachets de thé et d'infusion estampillés "1336" doivent se retrouver en septembre dans les rayons des magasins. La société coopérative et participative (Scop) a également prévu de commercialiser une seconde marque directement sous la dénomination ScopTi, qui sera notamment présente dans les réseaux spécialisés du bio, dont elle a obtenu la certification. Au total, l'objectif est la mise de 250 tonnes de thé et d'infusion sur le marché pour la première année, un "objectif qui devrait être largement dépassé" selon Gérard Cazorla. Une trentaine de salariés travailleront dès le mois de juin sur le site de Gémenos, près de Marseille, pour constituer les stocks et approvisionner les grandes surfaces dans une organisation où chacun participe à la prise de décisions. L'une des premières mesures, parmi les plus symboliques, prise par les 58 coopérateurs a été de fixer un barème de salaires qui oscille entre 1.600 à 1.800 euros net par mois. "Devenir milliardaire ne fait pas partie de nos rêves", souligne le président délégué de ScopTi, Olivier Leberquier. "Nos objectifs sont de faire vivre cette entreprise et de nourrir nos familles. On sait que l'on n'a pas le droit à l'erreur." Les pourparlers sont en cours de finalisation avec deux grandes enseignes nationales pour pouvoir mettre la marque "1336" dans les rayons, aux côtés des sachets Lipton et de l'Eléphant dont Unilever poursuit la commercialisation. "C'est au tour du consommateur de participer à cette belle aventure. Sans lui, les machines resteront tristement silencieuses", dit Marie Sasso, ouvrière et doyenne du conseil d'administration de ScopTi. (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)

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  • M3182284 le mardi 26 mai 2015 à 16:41

    C'est aux citoyens locaux de préserver l'emploi en donnant la préférence aux produits issus de l'usine locale plutôt que de la marque la moins chère: l'enjeu est, encore, communautaire.