France-Les ETI plus confiantes en 2015, frileuses sur l'emploi

le , mis à jour à 18:28
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* Accélération sensible de l'activité attendue en 2015 * Des perspectives d'embauche encore très prudentes * Bénéficiaires de près d'un quart des créances CICE * Poursuite attendue de la croissance des investissements PARIS, 25 juin (Reuters) - Les quelque 3.000 entreprises de taille intermédiaires (ETI) de France s'attendent à une sensible accélération de leur activité cette année grâce à l'international et devraient accroître leurs investissements mais resteront prudentes sur l'emploi. Publiée au lendemain de l'annonce d'une nouvelle augmentation du nombre de demandeurs d'emploi au mois de juin, une enquête annuelle réalisée en avril auprès de 3.058 ETI françaises montre qu'elles prévoient un sensible ralentissement de la croissance de leurs effectifs en France. Réalisée conjointement par la banque publique d'investissement Bpifrance et la Direction générale des entreprises du ministère de l'Economie et des Finances, cette enquête fait ressortir une amélioration des perspectives d'activité des ETI d'autant plus marquée que leur exposition à l'international est forte et qu'elles sont innovantes. "Les ETI françaises repartent et elles vont tirer la reprise de l'investissement", a déclaré jeudi Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance lors d'une conférence de presse. Détenues pour près des deux tiers par des personnes physiques et relevant d'un contrôle familial pour la moitié, elles sont peu ou pas internationalisées pour près de 60%. A peine un quart d'entre elles (24%) se caractérisent par une internationalisation forte et réalisent au moins 25% de leur chiffre d'affaires à l'international. "En avril 2015, 43 % des ETI nationales anticipaient une hausse de leur chiffre d'affaires consolidé sur l'année contre 15% seulement une diminution", relève la synthèse de l'enquête. Le solde prévisionnel d'évolution de l'activité s'établit ainsi à +28, au lieu de +23 début 2014, ce qui le rapproche de sa valeur moyenne sur cinq ans (+30,6). PRIME A L'INNOVATION ET L'INTERNATIONAL Les perspectives de croissance en 2015 sont toujours très corrélées à la taille de l'entreprise puisqu'elles sont deux fois plus élevées chez les ETI de 500 à 5.000 salariés (indicateur à +41) que chez celles employant moins de 500 salariés (+19), précisent les auteurs de la synthèse qui soulignent toutefois que les "les anticipations de ces dernières se sont nettement redressées en un an". Sur les quelque 3.000 ETI répertoriées, 12% comptent de 1.000 à 4.999 salariés, 61% de 250 à 999 salariés et 27% moins de 250 salariés. Les anticipations demeurent un peu supérieures à la moyenne dans l'industrie (+36), dans la même tendance qu'en 2014 (+37). L'amélioration attendue la plus nette provient des services, dont l'indicateur avancé progresse de 15 points à + 42, tandis que celui de la construction annonce une stabilisation de l'activité (indicateur nul) après un net recul en 2014 (-18). Cette accélération proviendrait essentiellement des ETI internationalisées, l'indicateur prévisionnel gagnant 9 points sur un an, à + 49, chez celles qui réalisent plus du quart de leur chiffre d'affaires à l'international. Les entreprises familiales ont des anticipations de croissance à court terme plus faibles que les autres. Enfin, Les ETI innovantes sont plus optimistes que les autres. Leur indicateur d'activité pour 2015 ressort à + 39, contre + 17 pour les "non innovantes". L'enquête qualifie d'entreprises innovantes celles qui au cours des trois dernières années ont financé des frais de recherche et développement, déposé un brevet, commercialisé un nouveau produit ou encore acquis un licence d'exploitation voire développé un produit ou un procédé pour le compte de tiers. Sur la base de ces différents critères, seules 51% des ETI sont considérées comme innovantes. Malgré l'amélioration anticipée de l'activité, "les ETI prévoient un sensible ralentissement de la croissance de leurs effectifs en France", relève la synthèse de l'enquête. Cette croissance des effectifs serait soutenue dans les services mais très faible dans les secteurs fortement liés à la demande intérieure comme la construction et le commerce. A défaut d'embaucher, les ETI prévoient d'accélérer leurs investissements, en particulier les plus internationalisées, les plus innovantes et celles qui se situent dans les secteurs de l'industrie et des services. "Cette progression se réalise dans un contexte de relâchement des contraintes de développement perçues par les ETI, tant du côté des marges que des conditions d'accès au financement" soulignent la synthèse de l'enquête. Les ETI sont bénéficiaires de près d'un quart (23%) de la créance globale au titre du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), a précisé Pascal Faure, directeur général de la DGE. Le Cice, dont le gouvernement a promis qu'il ferait l'objet d'un rapport d'évaluation, a été fondu dans le "pacte de responsabilité" de 41 milliards d'euros de crédits d'impôts et baisses de charges en contrepartie desquelles les entreprises se sont engagées à embaucher et investir. La synthèse de l'enquête sur le site de Bpifrance : http://bit.ly/1SNiRbT (Marc Joanny, édité par Yves Clarisse)

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