France-Les enquêteurs sur le site du crash de l'A320

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* Les gendarmes font des constatations et cherchent des corps * La priorité n'est pas de descendre les corps * L'enquête devrait durer très longtemps * La première boîte noire pourrait commencer à parler (Actualisé avec sauveteurs, procureur, Cazeneuve) par Jean-François Rosnoblet SEYNE-LES-ALPES, Alpes-de-Haute-Provence , 25 mars (Reuters) - L es enquêteurs sont arrivés mercredi sur les lieux de la catastrophe de l'Airbus A320 de la compagnie allemande Germanwings afin de comprendre les causes du crash qui a provoqué la mort de 150 personnes dans les Alpes françaises. Le Premier ministre Manuel Valls a estimé, après avoir pris connaissance de l'évolution de l'enquête, que l'identification des corps serait "extrêmement longue et difficile" compte tenu de la violence de l'impact, qui a pulvérisé l'appareil. Xavier Roy, pilote de la Sécurité civile et coordinateur des moyens aériens, a décrit la situation au camp de base de Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), dans la vallée en contrebas de l'endroit très difficile d'accès où a eu lieu le désastre. "Quand on va sur un crash d'avion, on s'attend à reconnaître des parties de carlingue, là on ne voit rien du tout", a-t-il dit à la presse en évoquant des morceaux d'avion dont le plus gros ne dépasse pas la taille d'une demi-voiture. La priorité, a-t-il dit, est de déterminer l'emplacement des corps ou des restes de corps, de préserver le site pour les besoins de l'enquête judiciaire et de retrouver la seconde boîte noire de l'avion, celle qui enregistre les paramètres de vol. Xavier Roy a ajouté que les sauveteurs hélitreuillés sur place, sécurisés avec des pitons et des cordes sur la pente abrupte sur laquelle s'est écrasé l'avion de la filiale low-cost de Lufthansa, vers 2.000 mètres d'altitude, ne faisaient pas de la descente des corps une priorité. "Il faudra au moins une semaine", a-t-il dit. ETUDE DE LA BOÎTE NOIRE Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, a précisé qu'il faudrait "des jours" pour récupérer les corps et "plusieurs semaines" pour procéder à leur identification ADN. "On est là face à un délai d'enquête incompressible, incontournable, on n'aura pas les résultats immédiatement", a-t-il ajouté en parlant de "150 corps polytraumatisés". Une douzaine de gendarmes spécialisés dans la recherche de preuves ou l'identification des corps ont été hélitreuillés sur la zone du crash, qui s'étend sur plusieurs hectares. Quatorze magistrats et 200 gendarmes travaillent uniquement sur l'enquête et des demandes d'entraide internationale ont été envoyées à l'Espagne et à l'Allemagne pour déterminer les conditions de maintenance de l'avion et d'embarquement des passagers à Barcelone pour le vol vers Düsseldorf. Manuel Valls a indiqué qu'aucune hypothèse n'était écartée sauf, a priori, une "explosion en vol", soit un acte terroriste. Les enquêteurs disposent d'une des boîtes noires de l'appareil qui a été retrouvée endommagée dès mardi, celle qui enregistre les conversations et les sons dans le cockpit, et remise au Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA). "Nous pensons qu'il est possible de l'exploiter", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le BEA doit donner une première conférence de presse mercredi après-midi avec les éléments récoltés. "Peut-être des premiers résultats seront connus d'ici la fin de la journée", a dit le procureur Brice Robin. DESCENTE LENTE L'avion s'est écrasé à pleine vitesse contre la montagne après une descente lente de huit minutes, pas une chute libre, et sans que l'équipage ait contacté les contrôleurs aériens. Cinq hélicoptères assuraient mercredi matin des rotations vers les lieux de l'accident et, dès mardi, près de 600 gendarmes, militaires et pompiers avaient été mobilisés. François Hollande est attendu en début d'après-midi au PC des opérations avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Soixante-sept Allemands, 45 passagers ayant des noms à consonance espagnole et trois Britanniques notamment figurent au nombre des victimes. Les autorités françaises ont également évoqué des ressortissants d'une dizaine d'autres pays. Un dispositif spécial constitué d'une vingtaine de personnes pour l'essentiel des interprètes et des psychologues, a été mis en place pour accueillir leurs familles des victimes qui disposeront de 900 places d'hébergement dans la région. "Il faut donner du réconfort à ces personnes qui sont confrontées à quelque chose d'abrupt et de soudain, qui n'arrive pas normalement dans la vraie vie. Aucun être humain ne peut supporter ça", a déclaré à Reuters Marion Cotterill, responsable de la Sécurité civile des Alpes-de-Haute-Provence. (Yann Le Guernigou à Paris, édité par Yves Clarisse)


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