France-Les éleveurs restent très mobilisés à Laval

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    LAVAL, Mayenne, 24 août (Reuters) - A la veille d'une 
réunion à Paris entre producteurs de lait et représentants du 
groupe Lactalis, les éleveurs ont intensifié leur mobilisation à 
Laval (Mayenne), près du siège du géant laitier avec le soutien 
d'agriculteurs d'une dizaine de départements du grand ouest. 
    Aux abords du bâtiment de verre qui abrite les services 
administratifs de Lactalis et d'une plate-forme logistique dont 
les accès ne laissent plus sortir aucun camion, deux cents à 
trois cents éleveurs se relaient jour et nuit depuis lundi soir 
sur un campement de fortune. 
    Sur les grilles de l'entreprise, des banderoles prenant pour 
cible Lactalis, qualifié de "voleur", ou Emmanuel Besnier, son 
PDG, ont été déployées pour dénoncer la politique tarifaire du 
leader mondial des produits laitiers. 
    "Ton père nous faisait vivre, toi tu nous fait crever", 
proclame l'une d'elles, allusion aux deux dernières générations 
de la famille Besnier qui ont dirigé ce groupe familial. 
    "On ne cédera pas sans avoir de résultat. On est parti pour 
une longue bagarre", estime Didier Lucas, président de la 
Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles 
(FDSEA) des Côtes d'Armor, venu mercredi sur place avec une 
cinquantaine d'autres éleveurs de son département. 
    "Il faut que le leader mondial des produits laitiers tire 
les prix vers le haut", ajoute ce responsable syndical, qui 
n'attend pas toutefois d'annonce décisive à l'issue de la 
réunion prévue jeudi à la Maison du lait à Paris, où sera 
négociée une meilleure rétribution des producteurs. 
    Actuellement payés 257 euros les mille litres de lait par 
l'entreprise mayennaise, ces derniers réclament dans un premier 
temps au moins quelques dizaines d'euros supplémentaires et 
surtout des mécanismes de fixation des prix plus équilibrés 
entre le transformateur et ses producteurs. 
    "Actuellement, on perd environ 2.800 euros par mois, sans 
même parler de notre rétribution, pour 70 heures de travail par 
semaine. Mais on n'est plus au temps des serfs", s'insurge Yvon 
Boutier, producteur de lait de la région de Guingamp. 
    "Il faut savoir si la France veut encore une agriculture et 
des territoires vivants", ajoute cet administrateur de la 
chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, qui estime que la 
Bretagne, première région laitière française, pourrait perdre 
30% de ses éleveurs laitiers d'ici la fin de l'année. 
    "Les agriculteurs n'ont pas peur du travail mais ils ne sont 
pas considérés", se désole-t-il, estimant que "l'agriculture et 
la ruralité" devraient être décrétées "grande cause nationale", 
compte tenu des multiples crises que traversent les campagnes. 
    Mercredi, des opérations de contrôle des prix et des 
étiquetages des produits laitiers ont été menées en Mayenne et 
dans les Côtes d'Armor. Elles pourraient continuer au cours des 
prochaines semaines, ont fait savoir les syndicats agricoles. 
 
 (Pierre-Henri Allain, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • dotcom1 il y a 7 mois

    Ils s'imaginent que Lactalis va leur acheter le lait 50% de plus que le prix du marché? Faut qu'ils redescendent sur terre!