France-Les éleveurs ne désarment pas, opération lundi en Mayenne

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(Actualisé avec actions dans le Bas-Rhin) RENNES-STRASBOURG, 26 juillet (Reuters) - Les éleveurs restent mobilisés dans plusieurs régions de France, en dépit des accords sur le relèvement des prix du boeuf, du porc et du lait, et appellent notamment à un grand rassemblement lundi en Mayenne. Les agriculteurs du Bas-Rhin ont décidé pour leur part d'établir à partir de dimanche soir des barrages filtrants sur six points-frontières avec l'Allemagne, de Lauterbourg, au Nord, à Marckolsheim, au Sud, à l'appel de la FDSEA. Seuls seront visés les camions entrant avec des produits agricoles. Le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) a appelé samedi à poursuivre le "combat pour l'élevage français" tout en exhortant au respect des biens et des personnes lors des actions syndicales à venir. "Ne prêtons pas le flanc à la critique. Désespoir, colère et passion du métier se mêlent, ces trois sentiments sont désormais compris de tous", souligne Xavier Beulin dans une déclaration transmise aux représentants locaux du syndicat et aux médias. Blocages, péages gratuits, opérations escargots, actions et contrôles dans les supermarchés sont à prévoir. Des éleveurs projettent de bloquer lundi matin avec des tracteurs l'autoroute A81 entre Le Mans (Sarthe) et le péage de La Gravelle (Sarthe) à l'appel de la FDSEA de Mayenne. Les manifestants devraient ensuite se rassembler près du siège du groupe laitier Lactalis, à Laval. Les organisateurs attendent quelque 500 manifestants et au moins 300 tracteurs. Les fédérations syndicales agricoles de Bretagne, des Pays-Loire et de Normandie ont annoncé leur participation au mouvement, qui devrait se conclure par des réunions avec des représentants de la grande distribution, des industriels et des élus. 88% DES FRANÇAIS SOUTIENNENT LES ÉLEVEURS Dans le Bas-Rhin, les manifestants entendent viser "tous les produits agricoles qui font de la distorsion de concurrence", a dit à Reuters le président de la FDSEA Franck Sander. "Le plan d'aide de 600 millions d'euros, ce sont des reports d'annuités, mais il n'y a aucune mesure pour relancer l'agriculture par rapport aux problèmes de distorsion de concurrence et en termes de compétitivité", a-t-il ajouté. Derrière la viande, toutes les cultures sont aujourd'hui concernées, selon lui, particulièrement dans une région frontalière comme l'Alsace où les agriculteurs voient entrer des produits allemands qui bénéficient de coûts de production inférieurs. Les éleveurs se disent insatisfaits des aides annoncées mercredi dernier par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll ( ID:nL5N1021S5 ), et réclament des "prix durables" pour leurs productions. Selon un sondage BVA pour Orange et iTELE, près de neuf Français sur dix (88%) approuvent le mouvement de contestation des éleveurs français et se disent prêts à 81% à consentir un effort financier pour acheter de la viande et du lait français. Les 1.007 personnes interrogées du 23 au 24 juillet ne font pas confiance à 78% au gouvernement pour améliorer la situation des éleveurs. (Pierre-Henri Allain et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Sophie Louet)

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