France-Les électeurs votent pour le candidat de la droite pour 2017

le , mis à jour à 13:32
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    * Fillon fait figure de grand favori face à Juppé 
    * Les bureaux de vote ferment à 19h, résultats à partir de 
20h30 
    * Fillon attend "le verdict", Juppé dit ne pas avoir de 
regrets 
 
 (Actualisé avec participation à midi §2) 
    PARIS, 27 novembre (Reuters) - Les électeurs ont commencé à 
voter dimanche en France pour désigner le candidat de la droite 
et du centre pour l'élection présidentielle de 2017, au second 
tour d'une primaire pour lequel François Fillon fait figure de 
favori face à Alain Juppé.  
    A midi, plus d'1,2 million de personnes avaient voté dans 
64% des bureaux de vote, un taux de participation en hausse de 
13% comparé à celui enregistré la semaine dernière à la même 
heure  ID:nL8N1DS0BF . 
    L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, arrivé à la 
surprise générale en tête du scrutin la semaine dernière avec 
44,1% des voix, a voté vers 10h30 dans un bureau du 7e 
arrondissement de Paris. 
    "J'attends le verdict des électeurs, ce sont eux qui 
parlent, pas les candidats,", a dit François Fillon aux 
journalistes présents, refusant de faire davantage de 
commentaires.  
    Quasiment au même moment à Bordeaux, son adversaire, 
"outsider" malgré lui après avoir recueilli 28,6% des voix au 
premier tour, disait n'avoir aucun regret tout en dénonçant une 
nouvelle fois une "campagne dégueulasse" menée à son égard.  
    "C'est ignoble de se faire traiter d'antisémite et de 
salafiste", a dit Alain Juppé à la presse, dans une allusion aux 
attaques lancées contre lui ces derniers mois notamment sur les 
réseaux sociaux et certains sites liés à la "fachosphère".     
    A la question de savoir s'il avait des regrets, l'ancien 
Premier ministre a répondu : "non, je n'ai pas de regrets j'ai 
fait une belle campagne, j'ai défendu mes idées jusqu'au bout et 
ça va marcher (...) attendons ce soir."      
    Les quelque 10.000 bureaux de vote fermeront leurs portes à 
19h00, une semaine après un premier tour marqué par une forte 
participation qui a vu se déplacer près de 4,3 millions de 
personnes, un chiffre supérieur à celui enregistré au même stade 
par la primaire de la gauche en 2011 (2,7 millions).  
    Cette consultation inédite dans l'histoire de la droite 
française est d'ores et déjà saluée comme une "réussite 
démocratique" par le président par intérim du parti Les 
Républicains (LR) Laurent Wauquiez, malgré les "moments de 
tension" qui ont pu émailler l'entre-deux tours.  
 
    RASSEMBLEMENT 
    "Le candidat qui sera élu aura une lourde responsabilité : 
celle de réussir l'unité", souligne-t-il dans les colonnes du 
Journal du Dimanche. "Il faudra faire des gestes : à l'égard de 
son adversaire du second tour et à l'égard des électeurs qui ont 
soutenu Nicolas Sarkozy." 
    Éliminé au premier tour du scrutin avec 20,7% des voix, 
l'ancien chef de l'Etat a annoncé son retrait de la vie 
politique et apporté son soutien à son ancien Premier ministre 
François Fillon. 
    Le député de Paris peut également compter sur le soutien de 
Bruno Le Maire (2,4%) et de Jean-Frédéric Poisson (1,5%).  
    Le maire de Bordeaux, a lui reçu dans l'entre-deux tours le 
soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%) et de Jean-François 
Copé (0,3%). 
    Dans un sondage Opinionway publié vendredi, François Fillon 
est crédité de 61% des intentions de vote contre 39% pour Alain 
Juppé.  
    Les premiers résultats devraient être publiés à partir de 
20h30 par la Haute autorité de la primaire. 
    Au premier tour, 15% de sympathisants de gauche, selon un 
sondage Elabe, avaient participé à la primaire de la droite et 
du centre, notamment pour faire barrage à Nicolas Sarkozy.  
    Ces derniers jours, cette frange de l'électorat semblait 
toutefois diverger sur la méthode à suivre ce dimanche, laissant 
planer le doute sur une nouvelle mobilisation. 
     
    FILLON "TROP CLIVANT", JUPPE "PAS ASSEZ FERME" 
    Se décrivant comme "plutôt de gauche", Manuel a lui choisi 
de faire de nouveau le déplacement dans un bureau de vote de 
Toulouse ce dimanche.  
    "Je pense que le vainqueur de cette primaire sera le 
prochain président de la République donc j'ai préféré participer 
au scrutin", explique ce quinquagénaire, fonctionnaire dans 
l'aviation civile. "J'ai voté Alain Juppé car je crains que le 
programme de François Fillon, trop à droite et trop 
conservateur, ne divise trop la société, déjà fracturée." 
    "Il est trop clivant ce qui engendra une mobilisation dans 
la rue contre ses réformes", ajoute-t-il, évoquant notamment le 
projet de François Fillon de supprimer 500.000 postes de 
fonctionnaires en cinq ans. 
    Dans le même bureau de vote, Valérie, assistante maternelle, 
soutient elle la candidature de François Fillon qu'elle juge 
plus à droite qu'Alain Juppé, qui "a parfois courtisé la gauche 
et le centre". 
    "Il n'y a pas de honte à être de droite, et encore moins 
catholique", dit cette quadragénaire déçue par le quinquennat de 
Nicolas Sarkozy pour qui elle avait voté en 2007. "J'estime 
qu'Alain Juppé n'est pas assez ferme sur les questions liées à 
l'immigration et aux attentats." 
 
 (Marine Pennetier, avec Julie Rimbert à Toulouse, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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