France-Les économies sur la famille suscitent un tollé

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* Royal salue le débat suscité par les annonces de Touraine * Des syndicats critiquent un coup porté à la famille * Hollande répond qu'il n'y a pas d'économies indolores par Emmanuel Jarry PARIS, 30 septembre (Reuters) - Les mesures d'économies annoncées par le gouvernement sur la politique familiale ont déclenché sans surprise un tollé dans l'opposition de droite mais semblent également loin de faire l'unanimité dans la majorité et dans les milieux syndicaux. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, qui ne manque jamais l'occasion d'affirmer son attachement à la politique de la famille, s'est même réjouie mardi du débat ainsi suscité et a laissé entendre que le Parlement aurait son mot à dire. "Je me réjouis de la sensibilité à la remise en cause d'un certain nombre de mesures de la politique familiale", a-t-elle déclaré sur France Inter. "Ça prouve que les Français, l'opinion publique, (sont) très attachés à la politique familiale." "C'est bien qu'il y ait de la réactivité. Chaque fois que l'on touche à la politique familiale, il y a des réactions et c'est une bonne chose", a-t-elle insisté. "Maintenant, il y a un débat parlementaire qui va s'ouvrir, et c'est dans le cadre de ce débat que les décisions définitives seront prises." La ministre de la Santé et le secrétaire d'Etat au Budget, confrontés au risque d'une nouvelle dérive des comptes sociaux ID:nL6N0RU31B , ont annoncé lundi 700 millions d'euros d'économies sur les prestations familiales en 2015. La prime à la naissance sera ainsi divisée par trois à partir du deuxième enfant pour un gain attendu de 250 millions d'euros, a dit Marisol Touraine en présentant le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. ID:nL6N0RU4NC La durée du congé parental sera par ailleurs maintenue à trois ans au total au-delà d'un enfant mais partagée entre le père et la mère et tout parent qui ne demandera pas à en bénéficier en perdra le bénéfice. Le gouvernement prévoit aussi de décaler de 14 à 16 ans l'âge des enfants ouvrant droit à une majoration des allocations familiales et de diviser par deux l'aide à la garde des enfants de moins de six ans pour les familles les plus aisées. L'annonce de ces mesures intervient six jours avant de nouveaux défilés dimanche à Paris et Bordeaux, à l'appel des militants de "La manif pour tous" contre le mariage homosexuel, la gestation pour autrui et la procréation médicalement assistée, déjà prompts à accuser le gouvernement de "familliophobie". "SI VOUS N'ENTENDEZ PAS CRIER ..." Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob, a dénoncé "un matraquage sans précédent de la famille". Son collègue Hervé Mariton, figure de "La manif pour tous", a accusé Marisol Touraine d'hypocrisie quand elle justifie la réforme du congé parental par "la rengaine de l'égalité homme-femme". "Mettre les familles en difficulté, vous croyez que ça va améliorer la situation ? C'est une blague", a renchéri Henri Guaino, ex-conseiller de l'ancien président Nicolas Sarkozy. Michèle Tabarot, également députée UMP et Présidente du groupe d'études parlementaires sur la Famille et l'Adoption, a demandé la convocation d'états généraux de la famille "pour mettre un terme à l'improvisation totale du gouvernement". L'Union des familles en Europe déplore que la France ne soit plus qu'au 8e rang "en termes de générosité avec les familles" sur le continent, après le Danemark, Le Luxembourg, l'Allemagne, la Suède, la Finlande, l'Islande et la Norvège. Mais cette association renvoie dos à dos gauche et droite, qu'elle accuse de faire de la politique familiale la "vache à lait de la Sécu". Les critiques sont aussi venues d'organisations syndicales comme la CFTC et la CFDT, pourtant plutôt bien disposées envers le gouvernement. Interrogé par Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a ainsi jugé le projet gouvernemental "très confus", manquant de "sens" et obéissant à une "logique du rabot". La réforme du congé parental, tel qu'envisagé, créera sans doute des économies "mais ce n'est pas de bonnes économies", a-t-il dit. "Sur le côté famille, j'ai beaucoup de craintes." La CFTC déplore pour sa part, dans un communiqué, "le coup une nouvelle fois porté aux familles". Quant à l'Unsa, elle demande que "les plus fragiles soient épargnés et ne voient pas leurs allocations amputées". Il n'y a pas de plan d'économies indolore, a répliqué François Hollande lors de la remise du prix de l'Audace créatrice, devant un parterre de patrons à l'Elysée. ( ID:nL6N0RV1TT ) "Si vous n'entendez pas crier c'est que nous ne faisons pas d'économies. Donc oui, vous entendez", a dit le chef de l'Etat.

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  • M8252219 le mardi 30 sept 2014 à 15:29

    Réduire de moitié le nombre des députés, plafonner leur cumul de revenus, indemnité, avantages et retraite à 5 fois le SMIC.Supprimer le sénat. supprimer tous les statuts spéciaux aucun de leurs avantages ne sont justifiés ni acquis pas quelque mérite QUE SE SOIT; SINON QUE PAR LEUR POUVOIR DE NUISANCE.Rétablir 3 jours de carence en arrêt maladie.La retraite à 65 ans pour tous