France-Les députés votent le texte sur la fin de vie

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(Actualisé avec précisions, détails du vote) PARIS, 17 mars (Reuters) - Les députés français ont adopté mardi, en première lecture, une proposition de loi qui permet de plonger dans une sédation irréversible les patients en phase terminale, sans aller jusqu'à légaliser l'euthanasie comme le réclamaient certains. La proposition de loi d'Alain Claeys (PS) et de Jean Leonetti (UMP), qui a été votée par 436 voix contre 34, propose une "sédation profonde et continue" et rend contraignantes pour les médecins les directives anticipées laissées par les malades. Au moment de l'annonce du scrutin, une femme a lancé des tribunes du public un paquet de petits tracts sur lesquels ont pouvait lire en lettre noires sur fond rouge "non à l'euthanasie". Elle a été aussitôt interpellée. Les groupes PS, UMP, UDI et Front de gauche ont massivement voté en faveur de ce texte soutenu par le Premier ministre, Manuel Valls, qui le juge "équilibré". Les élus écologistes et du groupe des radicaux de gauche ainsi que 21 députés socialistes et 25 UMP se sont abstenus. Ils avaient défendu en vain des amendements identiques qui proposaient de légaliser le suicide médicalement assisté. Roger-Gérard Schwartzenberg, le président du groupe des radicaux de gauche, a regretté que le texte "continue à ne pas admettre l'assistance active médicalisée à mourir". Il a rappelé que les Pays-Bas en 2001, la Belgique en 2002, le Luxembourg en 2009 avaient autorisé l'aide active à mourir, en l'encadrant strictement et que la Suisse, les Pays-Bas et l'Etat de l'Oregon (Etats-Unis) ont admis le suicide assisté. A droite, des députés de l'Entente parlementaire, l'aile droitière de l'UMP, qui avait mené bataille contre le mariage pour tous, se sont également abstenus ou ont voté contre. Au total, 25 députés UMP ont voté contre. Ils jugent le texte "inutile et dangereux" et s'élèvent contre ce qu'ils considèrent comme "un droit à la mort". Dans un appel publié il y a une dizaine de jours dans Le Monde, cinq responsables religieux représentant les grandes croyances ont lancé un appel "commun, inquiet et pressant" contre l'emploi de la sédation. Le texte adopté mardi traduit un engagement pris par François Hollande durant sa campagne présidentielle de 2012 de dépasser la loi de 2005. Cette dernière, dite "loi Leonetti", prévient l'acharnement thérapeutique mais n'autorise pas le suicide assisté. Les députés ont entériné plusieurs amendements de leur commission des Affaires sociales, comme celui qui donne la possibilité de bénéficier d'une sédation profonde à domicile ou bien encore celui du gouvernement qui prévoit la création d'un registre national automatisé des directives anticipées. Le Sénat devrait l'examiner à son tour en mai ou juin. (Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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