France-Les cinq suspects de Sisco déférés devant la justice

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    AJACCIO, 18 août (Reuters) - Cinq personnes ont été déférées 
jeudi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bastia 
(Haute-Corse), cinq jours après une violente rixe qui a opposé 
sur la plage de Sisco des riverains et une famille d'origine 
maghrébine, a-t-on appris de source judiciaire. 
    Ils doivent être jugés en comparution immédiate mais ont la 
possibilité de demander un renvoi pour préparer leur défense, 
a-t-on ajouté. 
    Les suspects sont trois membres de la famille d'origine 
maghrébine résidant dans la banlieue de Bastia ainsi que deux 
hommes originaires de Sisco. 
    Les cinq hommes devraient être poursuivis pour "des 
violences avec armes" s'agissant des suspects d'origine 
maghrébine et pour "violences en réunion" pour les deux autres, 
selon le parquet de Bastia. 
    Le procureur de Bastia, Nicolas Bessone, avait annoncé 
mercredi que la rixe n'avait pas pour origine le port d'un 
burkini, comme des participants l'avaient évoqué, mais une 
"logique de caïdat". 
    "Il est établi comme évidence qu'à l'origine des incidents 
se trouvent les membres de la famille maghrébine qui ont 
manifesté une volonté de privatiser la plage et ont provoqué des 
incidents avec des personnes présentes, sous la forme 
d'insultes, de menaces et de jets de pierres", avait-il déclaré 
lors d'une conférénce de presse. 
   "Une seconde scène a vu l'arrivée des gens de Sisco en 
soutien au père et au fils qui étaient agressés. L'arrivée 
rapide des gendarmes a permis de mettre fin aux violences", 
avait-il ajouté. 
   Les incidents de samedi soir ont fait cinq blessés et 
provoqué l'incendie de trois véhicules. 
   Mercredi, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles 
le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, se 
sont rassemblées dans le centre de Borgo, un peu plus au sud, 
pour exprimer leur soutien au père et au fils originaires de 
Sisco qui avaient été placés en garde à vue. 
   Bien que la présence de femmes en burkini sur une plage de 
Sisco soit démentie par la justice, des maires, dont celui de la 
commune corse, ont pris des arrêtés anti-burkini. 
   Après Cannes, le maire de Villeneuve-Loubet, autre commune 
des Alpes-Maritimes, a interdit le port de cette tenue de bain 
couvrant le corps, et ceux de plusieurs autres communes du 
Sud-Est et du Nord ont annoncé leur intention d'en faire autant. 
   Après avoir été débouté par le tribunal administratif de 
Nice, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a fait 
appel devant le Conseil d'Etat contre l'arrêté de Cannes, qu'il 
juge illégal et discriminatoire. 
 
 (Service France, avec Gérard Bon) 
 
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