France-Les blouses blanches en colère défilent dans Paris

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* Les médecins libéraux en guerre contre la loi Touraine * La généralisation du tiers payant cristallise les oppositions * Les manifestants dénoncent aussi une étatisation de la médecine (Actualisé avec participation et rencontre avec Touraine) PARIS, 15 mars (Reuters) - Des milliers de professionnels de la santé libéraux ont manifesté dimanche après-midi à Paris contre le projet de loi santé de la ministre Marisol Touraine et sa mesure phare, la généralisation du tiers payant qui dispense les patients d'avance de frais médicaux. Venus de toute la France, médecins, dentistes, kinésithérapeutes, infirmiers libéraux mais aussi étudiants ont défilé entre la place Denfert-Rochereau, dans le sud de Paris, et le ministère de la Santé, dans le VIIe arrondissement. Les organisateurs ont fait état de la présence de plus de 40.000 blouses blanches, deux fois plus que leur objectif de mobilisation pour cette manifestation unitaire sans précédent depuis 1991. La préfecture de police n'en a compté pour sa part que 19.000. Le ministère de la Santé a indiqué que Marisol Touraine devait recevoir les syndicats des professions médicales à l'issue de la manifestation, point d'orgue d'un mouvement de protestation lancé fin 2014 et organisée à deux jours du début de l'examen du texte contesté en commission à l'Assemblée. Sur les banderoles, on pouvait lire "la loi Touraine nuit gravement à la santé", "Tiers payant généralisé - médecins enchaînés, patients trompés" ou encore "Un tiers payant, deux tiers méfiants". Les médecins sont vent debout depuis des mois contre le projet de loi qui, selon eux, n'apporte pas les réponses nécessaires pour préserver le système de santé français -- réduire la place de l'hôpital, mieux former les praticiens et rationaliser les parcours de soins. Marisol Touraine a confirmé en début de semaine une mise en oeuvre de la généralisation du tiers payant d'ici à fin 2017 qui serait assortie d'un dispositif de garantie de paiements pour les médecins. "LA MINISTRE CHERCHE LA BAGARRE" Cette dernière proposition n'a pas suffi à désarmer l'opposition des professionnels. Ils s'irritent aussi d'informations de presse, non confirmées par ses services, selon lesquelles la ministre de la Santé a demandé au Premier ministre Manuel Valls que son texte puisse bénéficier d'une procédure d'urgence au Parlement afin que son vote ne soit pas retardé par un calendrier chargé. "On voit clairement que la ministre cherche la bagarre", a dit Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. "On demandait clairement des délais pour faire une véritable réforme dont le pays a besoin et la ministre a déclaré qu'elle voulait une procédure accélérée au contraire pour faire passer sa loi en force", a-t-il indiqué sur iTELE. Jean-Paul Ortiz, président de la CSFM (Confédération des syndicats médicaux français), a souligné que la colère des blouses blanches dépassait la seule généralisation du tiers payant. "Il y a le problème de l'étatisation et de la bureaucratisation de la médecine, en particulier de la médecine de proximité, qui va remettre en cause à la fois le libre choix d'organisation pour les médecins mais aussi pour les patients le libre choix de leurs médecins", a-t-il déclaré sur BFMTV. Médecin généraliste dans l'Essonne, Laurence Pique a dénoncé un "ras-le-bol généralisé" de la profession. Pour elle, le tiers payant, que l'on met beaucoup en avant, "n'est pas la priorité". Ce qu'il faut, "c'est arriver à soigner correctement les gens et à faire de la vraie médecine et ne pas faire que de l'administratif et de la paperasserie", a-t-elle dit à Reuters. (Yann Le Guernigou et Thierry Chiarello, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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  • sarestal le dimanche 15 mar 2015 à 20:21

    ils ont totalement raison, leur travail n'est pas de courir après les impayés.

  • combiera le dimanche 15 mar 2015 à 19:59

    Pour les socialistes les médecins doivent devenir des fonctionnaires. Tout ce qui n’est pas sous tutelle doit disparaitre : professions libérales, pme, artisans. La méthode est éprouvée : rendre dépendant des aides, subventions, remboursements. Ensuite vous êtes en survie au service de l’exploiteur étatique.