France-Les avocats de Salah Abdeslam renoncent à le défendre

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    * Les avocats mettent au cause la vidéosurveillance 24h/24 
    * Un défenseur des familles dénonce une manipulation 
 
 (Actualisé avec réactions) 
    PARIS, 12 octobre (Reuters) - Les avocats de Salah Abdeslam 
ont annoncé mercredi qu'ils renonçaient à assurer la défense du 
jeune djihadiste, dernier survivant du commando responsable des 
attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. 
    Frank Berton et Sven Mary estiment que la vidéosurveillance 
continue imposée à leur client incarcéré à Fleury-Mérogis 
(Essonne), près de Paris, est la principale cause de son mutisme 
et qu'elle est avant tout politique. 
    "On a décidé l'un et l'autre de renoncer à la défense de 
Salah Abdeslam, ce n'est pas un abandon, c'est une 
renonciation", a déclaré Frank Berton sur BFM TV. 
    "Nous savons et nous avons la conviction, et il nous l'a 
dit, qu'il ne s'exprimera pas et qu'il appliquera le droit au 
silence. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? Nous avons 
prévenu, je l'ai dit depuis le premier jour, si mon client reste 
muet, nous quitterons sa défense", a poursuivi l'avocat. 
    Frank Berton a dénoncé une décision politique et non 
juridique pour justifier la surveillance permanente du jeune 
terroriste. Selon lui, son client "avait des choses à dire et il 
allait les dire bientôt". 
    "On crée un mutisme chez Salah Abdeslam mais les vraies 
victimes dans tout ça, c'est les victimes des attentats de 
Paris, parce qu'elles ont droit à cette vérité et elles ont 
droit à tenter de comprendre l'incompréhensible", a pour sa part 
affirmé Sven Mary. 
    Dans l'Obs, l'avocat belge estime que les conditions de 
détention du djihadiste "relèvent de la torture psychologique". 
    Selon Sven Mary, les "racines du mutisme" de Salah Abdelsam 
viennent du fait que le procureur de la République de Paris, 
François Molins, a lu le lendemain de son arrestation le contenu 
de son audition à la télévision "alors que l'encre de ces 
procès-verbaux n'est pas encore sèche".  
     
    "UNE FORME DE CYNISME" 
    Salah Abdeslam avait tenté, devant le Conseil d'Etat, de 
faire suspendre la vidéosurveillance 24h/24, dispositif inédit 
en France, mais il a été débouté fin juillet par la plus haute 
juridiction administrative. 
    Pour Olivier Morice, avocat de plusieurs familles de 
victimes du Bataclan, l'annonce des défenseurs du djihadiste est 
une "manipulation qui consiste à essayer de présenter Salah 
Abdeslam comme une victime, de déplacer la réalité du débat 
judiciaire". 
    "C'est un pas en avant tel jour et un pas en arrière un 
autre jour. Donc j'imagine parfaitement qu'à un moment donné 
Salah Abdeslam puisse dire: 'Ben tiens aujourd'hui j'ai envie de 
dire quelque chose à la justice française, demain je ne dirai 
plus rien parce que mes conditions d'incarcération ne sont pas 
satisfaisantes'", a-t-il dit sur BFM TV. 
    "Je dénonce une forme de cynisme de la part de Salah 
Abdeslam et de ses conseils", a-t-il ajouté. 
    Samia Maktouf, avocate d'une vingtaine de familles de 
victimes des attentats du 13 novembre, a estimé que l'essentiel 
était que le djihadiste arrive "sain et sauf" à son procès.  
    "Il n'a fait que faire croire qu'il allait coopérer. 
Aujourd'hui, pour les victimes, bien sûr que c'est ressenti 
comme du mépris", a-t-elle dit sur France Info. 
    "Nous continuons à faire confiance à la justice pour que les 
victimes puissent avoir des réponses précises à une question : 
pourquoi leurs enfants sont morts ce 13 novembre par le fait de 
ces 13 protagonistes, dont Salah Abdeslam qui est survivant 
aujourd'hui ?", a-t-elle ajouté. 
 
 (Gérard Bon, Pierre Sérisier, édité par Sophie Louet) 
 
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  • M7097610 il y a un mois

    j'aurais fait comme eux. Le procureur et les politiques font les malins aujourd'hui pour mieux cacher leurs turpitudes antérieures aux faits. C'est avant l'attentat qu'il fallait agir et éviter les morts.